Décline toute responsabilité en cas de procrastination

Rapport au corps, rapport au sport

Je n’ai jamais été sportive. C’est même un euphémisme de le formuler ainsi.

Je n’aimais pas les cours de sport de l’école, du collège et du lycée. De manière générale je suis très peu compétitive. Il y a des gens que ça booste d’être confronté à d’autres personnes ou d’avoir un objectif chiffré. Chez moi c’est l’extrême inverse. Ca m’agace prodigieusement et je perds beaucoup d’intérêt pour la chose en question.

De manière encore plus générale, je n’aimais pas mon corps. Dans la dichotomie esprit / corps, je savais bien de quel côté je penchais. Un esprit sain dans un corps sain était un adage qui me semblait dépassé.

rapport au corps et au sport 1

J’ai passé beaucoup de temps à me détester et à détester mon corps. J’avais du mal à l’apprécier objectivement. Je me trouvais maladroite, disgracieuse et j’en passe. Ca ne se passait pas si mal la plupart du temps, hormis pendant les cours de sport.

Mes parents ont fait ce qu’ils ont pu. Ils ont accepté que je tente des sports nouveaux alors que je n’avais jamais réussi à accrocher à une activité extrascolaire et que c’était clairement un gros pari financier (spoiler : cette licence d’un an dans un club de gymnastique rythmique et sportive n’a pas été un investissement malin).

A l’approche des évènements sportifs forcés (pire moyen pour m’intéresser au sport) je perdais toute motivation et j’en venais à me détester encore un peu plus, à me demander quelle serait la meilleure méthode pour me faire suffisamment mal pour rater la compétition sans me faire vraiment mal non plus. J’ai élaboré des dizaines de stratégies pour me casser la cheville sans jamais passer à l’acte : je ne me détestais pas assez pour me violenter, même si j’aurais fait des sacrifices pour ne pas rentrer dans ce sale jeu de la compétition et me sentir humiliée d’arriver dans les derniers élèves à chaque fois.

rapport au corps et au sport 2

Parce que la compétition, sur une course longue, quand on n’a pas beaucoup de souffle et pas une grande coordination entre les bras et les jambes … Ca ne marche guère. J’ai toujours fini dans les derniers, ça n’a pas amélioré mon estime de moi. Je me sentais piégée dans cette compétition qui ne m’intéressait pas, ça allait à l’encontre de mes valeurs de passer dans un mode compétitif alors que je suis du genre à collaborer plus qu’à vouloir affronter les autres. J’ai profité de mes premières de sport non imposé pour penser à autre chose.

J’ai eu envie de faire du sport, pourtant. Je me disais que je ratais forcément quelque chose.

Ma méthode dans la vie, c’est d’essayer un truc et de voir si ça me convient ou pas. Quitte à essayer plein de choses. Dans ma vie de sportive, j’ai donc tenté :

  • la danse classique. Démissionnaire à 5 ans car trop fatiguant de se lever le mercredi matin.
  • la gymnastique rythmique et sportive. Une chorégraphie sur Ce rêve bleu ? Ja-mais.
  • la musculation. Mais la barre était déjà super lourde à porter, alors les poids …
  • le volley. Trop peur d’intégrer une équipe. Malgré mon super “service bâtard” (que je pourrais renommer “service Jon Snow”)
  • le krav maga. En réalité, du cardio pour femmes, pas du tout ce que j’espérais
  • le vélo. En ville. Pratique jusqu’à aller dans des endroits sans borne vélo.
  • la course. Avec des amis fumeurs qui avaient bien plus de souffle que moi.
  • la corde à sauter et le hula hoop. Je n’ai pas peur du froid quand je fais du sport (car je maîtrise la technique de l’oignon pour me protéger des températures) mais je crains d’avoir des remarques si je fais du sport en extérieur
  • la boxe française. Aucune force dans les bras, c’était très frustrant. J’en garde une petite envie de réessayer et un protège dents.
  • le yoga. Clairement pas envie de continuer. Enchaîner le yoga puis la journée de cours en courant entre les deux faisant perdre le bénéfice de la relaxation.

 

rapport au corps et au sport 3

En cherchant cette petite image sur Pinterest, je suis tombée sur l’article dont elle est tirée, et que je vous invite à aller lire.

J’avais vraiment l’impression de rater un truc cool que tout le monde fait. Les gens autour de moi faisaient du basket, du handball, des triathlons, des marathons, des stages de danse. On m’a parlé d’un sport qui pourrait m’intéresser, la barre à terre. J’excluais la danse depuis des années parce que je n’ai pas une grande coordination, mais ça ne semblait pas en demander trop. J’ai réfléchi quelques secondes. Et puis j’ai tenté ma chance et appelé la salle de sport en question. Restait de la place, je pouvais venir dans la semaine.

Je me suis pointée avec mes affaires de sport sous le bras et ma motivation. J’ai décidé que tant que ce sport n’avait pas fait ses preuves, je ne déboursai pas un pokédollar en matériel. Marre d’avoir des vestes de sport ou des chaussures de course qui restent dans mon placard, que je ne peux pas jeter car “un jour ça pourrait être utile” alors que la probabilité est très faible (mais justement, ce serait d’autant plus une dépense superflue de les racheter alors que je les avais déjà … Vous avez saisi la boucle).

Je partais très méfiante, mais j’ai adoré cette première séance.

 

rapport au corps et au sport 6

Mary Helen Bowers de la chaîne d’exercices “Ballet Beautiful” montre des exercices de renforcement musculaire / barre à terre (ce que je fais). Ca a l’air sympa, elle est tranquillement sur le coude et le fait avec un grand sourire, mais ça fait travailler beaucoup de muscles en même temps.

Dans ce cours exclusivement féminin, j’ai découvert une atmosphère de bienveillance et beaucoup d’humour. J’ai appris et j’apprends encore à ré apprivoiser mon corps. On travaille tous les muscles mais en douceur, je n’ai jamais ressenti de courbatures le lendemain. Je me suis sentie à l’aise en m’installant dans la salle. Je me suis sentie à l’aise quand note professeure m’a doucement indiqué que j’exécutais mal un mouvement, mais que si c’était trop dur je pouvais le faire de telle manière, et que là j’avais juste besoin de faire telle correction pour que ce soit bien. On m’a accordé assez d’attention pour que je ne me sente pas transparente, moi qui suis très réservée. Et on a eu le tact de ne pas me faire sentir gauche parce que je prenais le programme en cours de route. C’était exactement ce qu’il me fallait.

Je me suis surprise à avoir envie de refaire les mouvements, d’approfondir la séance de sport. J’ai trouvé une chaîne youtube et tenté vaillamment. Les courbatures du lendemain m’ont freinée mais je pense réitérer. Parce que ça me fait du bien de faire ce sport.

Et moi, la petite névrosée / sceptique de l’engagement dans un sport, je renouvelle mon abonnement mensuellement, toujours contente. Petit à petit, je sens mon corps changer, me répondre, se reconnecter. On vit de mieux en mieux ensemble lui et moi.

rapport au corps et au sport 5 pop sugar

(Image de Pop Sugar.)

Et vous, quels sont les sports que vous avez testé ? Est-ce que vous avez trouvé LE sport ou arrêté de chercher ?


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  1. Sev

    4 May

    pour moi c’est danse danse danse! danse moderne enfant, moderne jazz ado et a la fac, danse indienne jeune adulte, et maintenant danse orientale pour reapprivoiser ma feminite et mon corps apres mon accouchement (paradoxalement!).
    Le yoga aussi, mais plus comme une serie d’etirements. ca me fait un bien fou.
    Continue comme ca 🙂

    • Adèle

      13 May

      Je te rejoins pas mal : j’avais l’impression que la danse m’amènerait à me comparer, déplorer mon sens du rythme et j’en passe … Sauf qu’au final, avec le nombre de danse existant, il y a la possibilité de trouver une forme qui nous touche. Si j’ai l’occasion, je crois que j’aimerais bien essayer la danse hawaïenne (et la pole dance, mais j’ai l’impression que c’est encore trop sportif pour mon niveau).
      Tu as des gestes préférés en yoga ? Des postures qui t’aident plus que d’autres ?

  2. J’ai toujours détesté le sport, depuis que je suis née ou presque.

    En fait, je déteste ça à partir du moment où sont imposées, au hasard, des règles, des interdictions, des limites, la présence d’autres gens, le fait de devoir appartenir à une équipe, le fait de se dérouler en salle, le fait de se dérouler en salle avec d’autres gens, la proximité avec d’autres gens… etc.

    Je suis allergique à toutes les formes de sport collectif, ça m’énerve et ça ne fait que renforcer un malaise déjà bien handicapant à la base. Et puis, je déteste transpirer. Je déteste accepter le fait de me faire mal pour “faire du sport”. Je suis un peu précieuse sur les bords et un brin sociopathe, quand on lit ce texte en diagonale, mais bon, on va faire genre que non, pas trop (en vrai).

    Par contre, la perspective de passer une après-midi à crapahuter en forêt ou dans les trips d’accrobranche (avec les tyroliennes et les ponts en corde à dix mètres du sol) me comble de joie. Pas de règles ni d’obligations à respecter pour pratiquer tel ou tel truc, pas de miroirs (mais plein d’arbres, partout, avec plein de bruits d’oiseaux), simplement un mousqueton à accrocher à un câble pour éviter de mourir. La vie, quoi.

    Les salles de sport sont mon angoisse personnelle. Desfois, j’ai la nausée en pensant au nombre de gens qui ont utilisé tel vélo de sport avant toi. Mais j’suis un peu vrillée, là-dessus, ahah 😀

    • Adèle

      13 May

      Ouuuh, j’avais pas pensé au côté pas hygiénique d’une salle de sport mais c’est vrai qu’en y réfléchissant …
      C’est aussi le collectif qui me bloque dans certaines activités. Au fond, ça doit être pour ça que je n’ai jamais eu l’envie de faire du volley ball en club. J’admire les gens qui réussissent à bien s’intégrer dans un groupe parce que ce n’est pas mon cas, je suis trop introvertie pour être populaire.
      J’essaierai bien l’accrobranche mais je ne sais pas si j’en suis capable. C’est éprouvant physiquement ou pas ?

      • Éprouvant, je ne saurais pas dire. Souvent, il y a plusieurs parcours, chacun ayant un degré de difficulté plus ou moins élevé. Il y a aussi la question du vertige. L’endroit où j’allais avait ainsi un parcours rouge qui s’effectuait à plus de 20m du sol. Faut pas avoir peur du vide 🙂
        Cela étant, j’ai jamais eu aucune endurance physique particulière ni beaucoup de muscles et pourtant… J’y passais des après-midis entières ! Bon, un peu de courbatures le lendemain mais rien d’insurmontable.
        En plus, rien ne remplace la joie de faire le parcours à l’ombre des arbres, en plein été avec quelques panoramas sympathiques sur la nature environnante, suivant le lieu. Bref, je recommande 🙂

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