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4 bestsellers qui méritent leur réputation

4 bestsellers qui méritent leur réputation

Il m’est difficile de poser des mots sur tous ces coups de coeur. A bien des égards, la critique littéraire me semble de plus en plus difficile. Comment faire passer une émotion forte avec quelques mots qui doivent de surcroît résumer le livre pour permettre de le remettre en contexte ?

Voici quatre livres dont j’avais beaucoup entendu parler, et dont je risque de beaucoup parler à mon tour tant je les ai aimés.

bestsellers

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante

L’amie prodigieuse, le gros succès d’Elena Ferrante compte deux tomes traduits en français. L’amie prodigieuse, suivi du Nouveau Nom. J’en avais beaucoup entendu parler comme un succès littéraire de cette année, et la controverse autour de l’identité de l’auteure a fait du bruit en septembre.

C’était bien comme très bien, comme relu comme relirai encore. L’Italie qui nous y est présentée est extrêmement violente, sans jamais verser dans le misérabilisme. Les personnages féminins ont été bien écrits, en tant qu’enfants et en tant que femmes : elles ont parfois internalisé du sexisme, surtout dans une société où les époux battent leurs compagnes de manière totalement banalisée, même dans des couples montrés comme “sains” à échelle du quartier.

Mais pas sains du tout.

J’ai trouvé l’amitié entre les deux personnages principaux très forte. Avec toute la toxicité que peut parfois revêtir une longue relation, l’évolution de leurs caractères et de leurs motivations.

J’ai été amenée à beaucoup réfléchir aussi. Dans la manière dont la narratrice, Lenuccia, transgresse son milieu social et se trouve n’appartenir à aucun, j’ai tristement reconnu les difficultés liées à mes études et mon rapport à ma famille.

Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

Gros succès en littérature jeunesse / young adult. J’avais peur que le titre ne soit mièvre : les fiancés de l’hiver, ça sentait l’histoire d’amour un peu impossible avec du drâââme pour mettre du drâââme.

Fort heureusement, ce n’est pas le cas.

Les personnages sont dotés d’une vie propre. On retrouve une lutte de pouvoirs et d’enjeux politique-royaliste-utopie-fantastique propre à ce genre de littérature et dont je ne suis d’habitude pas friande du tout, mais ici c’était bien mené. Je me suis attachée au personnage d’Ophélie, dont les réactions me paraissent proportionnées et sensées. Ce devrait être la norme, mais le fantastique est souvent prétexte à des personnages féminins forts, qui sont en fait juste des personnages féminins capricieux qui se rebellent contre l’ordre établi sans aucune conséquence négative.

Un autre aspect très intéressant : dans ce monde où les gens possèdent des pouvoirs, le système est bien équilibré. Evidemment qu’Ophélie est une sorte d’élue, avec son pouvoir un peu atypique qu’on n’aurait pas soupçonné, mais hormis ça, il y a une cohérence, une vraisemblance dans ce système. Les gens ont des pouvoirs mais l’auteure n’a pas fait n’importe quoi avec cet élément fantastique.

 La croisée des mondes, Philip Pullman

J’ai traîné longtemps avant de lire La Croisée des mondes, et je m’y suis reprise en trois fois pour rentrer dedans. Mais une fois dedans, on voit les pages se tourner avec tristesse.

La trilogie de Pullman est fondatrice dans son genre. Elle s’éloigne des clichés de ce type de lectures, et je comprends mieux pourquoi l’auteur n’aimait pas la saga Narnia.

La croisée des mondes compte très peu de manichéisme, cette lutte du bien contre le mal qu’on ressort à toutes les sauces dans les épopées fantastiques. Ses sorcières n’ont rien à voir avec l’imagerie populaire. Les gitans, les ours en armure, les Daemon … Tout l’univers dégage une patte, un quelque chose qui nous transporte dedans et nous suit dans toute la lecture.

L’héroïne, Lyra, ressemble beaucoup à un des personnages d’Elena Ferrante. Elle est intrépide, attachante, je l’ai trouvée insupportable à juste titre puis je me suis attachée à tout aussi juste triste. La quête qu’elle suit, les embûches par lesquelles elle passe m’ont émue. Je l’ai vue grandir comme j’ai vu changer et mourir les autres personnages peints par Pullman, et c’était une bonne chose. Même si les décès des personnages que j’aimais m’ont peinée, ils étaient sensés. Ils résultaient d’un ensemble de choix dans le livre, et d’une volonté de l’auteur de ne pas couver son lecteur, de l’exposer aussi à ça. C’est un des éléments qui font la richesse de cette quête.

La ferme des animaux, George Orwell

Il y a de grandes chances pour que vous ayez entendu parler de la ferme des animaux tôt ou tard, souvent au détour d’une conversation ou dans une référence littéraire. Dans la série Greek, le héros qui est un jeune adulte inadapté socialement tente d’expliquer l’histoire à un de ses amis. Une ferme où les animaux se rebellent et mettent à la porte le fermier, c’est une fable politique super. Mais les cochons prennent le pouvoir, et …

En général, la mention “fable politique” suffit à provoquer une grimace.

Les animaux se rebellent, donc. Il faut y voir une critique des régimes de l’ex-URSS, l’impression qu’ils ont donné du pouvoir au peuple en l’enfermant en réalité sous le joug d’une nouvelle autorité violente. Je ne donne pas plus de détails pour ne pas révéler une grande partie de cette histoire.

Est-ce qu’on peut suivre avec passion les aventures d’un âne, un cheval, des poules ? Oui. L’histoire est courte, bien narrée, on a envie de connaître la suite. La longueur du récit est une de ses forces : les choses avancent vraiment vite, on n’est jamais perdu, on n’a jamais le temps de s’ennuyer ou se morfondre.

 


Et vous, quels sont les livres dont vous aviez entendu parler et dont vous avez compris le succès en les lisant ?


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  1. Sweet Judas

    28 November

    J’ai été forcée de lire “La Ferme des Animaux” pour un cours de français au lycée et j’admets en pas m’en rappeler quoi que ce soit…
    Par contre, la trilogie de Pullman m’a profondément marquée. Niveau émotions, c’est quand même les montagnes russes en permanence, même si l’on peut-être un peu de temps à “entrer” dans l’univers (le début du premier tome, avec cette histoire de “daemon” m’a laissée perplexe un moment, je dois bien l’admettre). L’entrée en jeu de Will dans le tome 2 amène un degré de profondeur inattendu pour ma part… C’est bien plus sombre et quelque part, bien plus mature qu’un Harry Potter (que j’ai pourtant lu à la même époque). Je les relis souvent avec beaucoup de plaisir et chaque fois, je retrouve les mêmes sensations. Je crois que c’est une de mes lectures sur qui le temps n’a pas vraiment de prise. Comme toi, j’ai eu une relation d’amour-haine avec Lyra… Par contre, Iorek Byrnison & son armure, ç’a été à la vie à la mort. Et tout de suite 🙂

    • Adèle

      4 December

      Je ne suis pas pour la relecture forcée d’un classique. J’ai été contente de relire Au bonheur des dames, mais s’il ne m’avait pas accrochée, je l’aurais laissée tomber sans trop de regrets.
      Iorek m’a beaucoup plu aussi, c’est un personnage assez fort. Je ne sais pas pour toi, mais je détestais Will au début. Je le trouvais assez insipide. Mais comme tu dis, le débat est plus profond qu’Harry Potter. Le tome 3 m’a fait l’effet d’une grosse claque. J’ai hâte de relire le début pour arriver jusque-là !

  2. Lou

    4 December

    Hannnn ! J’aime tellement les royaumes du nord ! Ce livre est resté longtemps dans mon esprit, l’impression qu’il a marqué mon âme d’enfant. Si bien écrit ! Univers tellement riche !

    • Adèle

      4 December

      Merci pour ton commentaire ! 😊 Je ne peux que te conseiller les livres de Christelle Dabos, l’univers est très différent mais c’est de la fantasy de qualité également, dans un monde bien développé.

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