Décline toute responsabilité en cas de procrastination
READING

Minimaliste mi-tiède

Minimaliste mi-tiède

Depuis qu’on parle de minimalisme, beaucoup de blogueuses en ont donné une définition, si ce n’était pas un moyen d’y parvenir.

  • Into mind a publié plusieurs guides
  • Balibulle a beaucoup écrit dessus, notamment cet article que j’aime beaucoup, et elle est parvenue à un résultat très inspirant
    Mari kondo nous a appris à questionner chaque objet et évaluer le bonheur procuré
  • Mon petit-ami m’a expliqué qu’il croyait fermement qu’en décoration, les objets fonctionnels doivent être suffisamment décoratifs pour se suffire et qu’en mode, il faut une garde robe très classique à laquelle on ajoute un soupçon de fantaisie (typiquement : des chaussures colorées)

En déménageant (la raison de mon long silence ici), nous avons réuni nos vêtements dans un dressing. Ouvert.

dressing

C’est super parce que je retrouve tous mes vêtements sans y passer des heures et que je peux en mettre beaucoup sur cintre.

C’est moins super parce que ce dressing ne ressemble pas aux penderies gracieuses et éthérées des catalogues. Il y a (encore ?) beaucoup de couleurs.

J’ai toujours aimé la couleur. Pas toutes les couleurs, et pas les mêmes aux différentes étapes de ma vie. Pendant une période, l’amour des couleurs s’est transformé en un “ce vêtement me va bien, je vais l’acheter dans plusieurs couleurs”, créant une ribambelle de pulls colorés jusqu’à ce que je commence à en avoir assez des pulls. Crève-coeur au moment de me séparer de certains d’entre eux, même si j’en avais trop pour tous les porter et qu’ils prenaient donc beaucoup de place.

J’ai fait beaucoup  d’expériences avec ma garde robe, pour un ensemble de raisons :

  • Je n’avais pas confiance en moi et c’était gratifiant d’essayer et trouver des vêtements qui me vont avec parfois le sentiment de faire une bonne affaire (j’achetais et achète encore beaucoup en friperie)
  • Je savais que c’était une grande transition, du lycée à la fac, de la fac au monde professionnel. Pas dans un ordre précis, pour cause de budget limité et parce que la perspective du monde professionnel, les jobs étudiants et l’alternance ont un peu tout précipité
  • Je ne savais pas exactement ce que je voulais. Il y a une question de couleurs et de styles sur laquelle je prévois de m’épancher encore ici.

J’ai pas mal acheté et beaucoup trié. J’ai déménagé après avoir encore descendu des sacs de fringues (celles stockées en attendant des jours meilleurs, comme un écureuil équatorien qui n’en a pas besoin) en sachant que je continuerai le tri une fois les cartons déballés. Mon cher et tendre me faisait remarquer avec pertinence que depuis le début de notre relation j’étais dans cette logique de tri. Qu’il y avait toujours quelque part un vêtement ou deux à donner parce que je ne le mets plus. C’est long, trois ans de tri.

dressing-2

Je ne crois pas être shopping addict mais j’ai encore un rapport très sentimental à mes affaires et je crois m’être laissée pourrir ma réflexion par ce que je lisais sur le tri et le minimalisme. J’étais capable d’échapper aux injonctions sur le corps mais pas à cette promesse de gain de temps, d’énergie, de confiance en soi. Tout à fait la corde sensible.

Les changements miraculeux promis supposent soit qu’on puisse racheter tout une garde robe, soit traverser une période avec vraiment peu de fringues et une bonne organisation de ses lessives. Si on peut racheter cette garde robe, encore faut il y avoir bien réfléchi, réussir à remplir le placard de basiques et garder une touche personnelle.

Clairement, je n’en étais pas encore capable et si je crois y arriver mieux maintenant, cela prends du temps de :

  • définir mon besoin,
  • calculer si cette pièce est un investissement ou un coup de coeur sur lequel je vais me prendre la tête pour le porter,
  • essayer d’acheter éthique (donc souvent en friperie) …

Et tout ça prend un temps et une énergie incroyable (à l’inverse de la Fast fashion qui demande moins de temps mais laisse un gout sale dans la conscience) et je n’ai pas les moyens d’acheter de petites marques éthiques pour le moment (ou sur seulement quelques pièces, donc petit à petit).

Je ne suis pas encore capable d’être minimaliste et je crois que je vais arrêter de me prendre la tête là dessus.

Je risque de faire des erreurs d’achat et ça va me coûter des sous parce que les vêtements d’occasion, même de marque, sont difficiles à revendre.

Je ne peux maitriser que mon consentement à payer et l’assurance que j’ai sur le coup de porter ce vêtement (il n’a pas de défaut rédhibitoire, la coupe me va, j’y ai réfléchi, etc.) au moment de l’achat. Je ne peux pas m’engager à ce qu’il soit parfait pour moi, tout à fait dans mon style et à ne pas le regretter.

Je peux juste continuer à essayer de faire de mon mieux entre l’éthique, ce que j’aime porter, ce que je peux acheter. Accepter que je mets du temps à me détacher du rapport sentimental aux choses mais que je réussis toujours. Faire de mon mieux en n’écoutant plus toutes ces influences qui m’empêchent de choisir ou me donnent le sentiment après coup d’avoir pris une mauvaise décision.

Au final, ça me prend beaucoup de temps mais je sens que j’avance dans la bonne direction et que je me sens de moins en moins limitée par ce que je porte, plus en confiance.

C’est déjà pas mal, non ?


RELATED POST

  1. Chauncey

    27 October

    C’est marrant comme on peut s’intéresser aux mêmes trucs et se retrouver avec des résultats/façons de faire si différentes ! A titre perso j’ai toujours eu des gardes robes très hétéroclites parce que vu mon physique un peu particulier et ma tendance à faire de la récup ça a jamais été très harmonieux mais pas spécialement coloré non plus. J’avais plutôt tendance à partir vers le noir et basta. Pas confiance en moi et pas envie de (m’) investir.
    En revanche si j’ai lu beaucoup de trucs sur le tri des fringues j’osais jamais réellement sauter le pas parce qu’à cause de l’aspect taille/morphologie pas pratique chez moi j’avais le sentiment que ça servait à rien.
    Et cet été ma vie a pris un grand tournant et je me suis débarrassée de presque toute ma garde robe d’un coup. A l’heure actuelle je n’ai gardé que le minimum et dès que j’aurais la possibilité d’investir dans de nouvelles pièces sympa je ferais un in/un out sur les pièces usées/inadaptées. Histoire d’avoir une espèce de capsule de survie pratique avant d’étendre. M’assurer que la base ça va quoi…
    Comme toi désormais je n’ai pas de placard dans mon nouvel appart et je ne voulais pas investir du coup j’ai récupéré une étagère à cd et des portants dans le débarras de mes parents pour me servir de dressing d’appoint donc tout est apparent et j’ai la surprise de constater que c’est devenu très harmonieux depuis ce tri massif. Et c’est aussi beaucoup plus simple de faire des associations.

    Aujourd’hui j’ai une vision beaucoup plus claire de ce que j’ai et du chemin qu’il me faut faire. Par contre j’en suis toujours au même point modesque : difficulté à savoir ce qui me va et à trouver des choses à la bonne taille.
    Les règles simples de la mode sont compliquées pour moi : le fameux grosses pièces classiques et it-accessoires. Tout simplement parce que c’est difficile de trouver une paire de chaussures fantaisie à ma taille ou une simple jolie chemise à la coupe flatteuse…

    • Adèle

      19 November

      J’imagine que même avec un cheminement identique, nous sommes parties de points et contraintes différents ?
      Je te rejoins dans quelques difficultés, notamment celle de savoir ce qui me va exactement. Pas au niveau de la taille mais des couleurs. J’envisage de mettre de l’argent de côté pour faire faire un bilan couleur par un professionnel : peut-être que je n’ai pas la bonne approche ou besoin d’un point de vue d’un professionnel. Bien sûr, c’est plus facile maintenant que j’ai un petit salaire et sans avoir vu les devis presque prohibitifs.
      Pour les chemises, crois-tu que tu peux faire appel à une couturière ou l’achat de la chemise + la retouche couture fait définitivement trop pour un seul vêtement ?

      • Chauncey

        26 November

        C’est pas évident les couleurs, si tu vas au bout je serais curieuse d’avoir ton retour. A ce niveau là j’ai l’impression que j’ai progressé sans m’en rendre compte (notamment avec l’arrivée du rose pêche dans ma garde-robe)

        Je pense aussi qu’on attache peut-être pas forcément la même importance à l’apparence dans nos deux milieux professionnels ? Depuis la rentrée je me sens beaucoup plus à l’aise dans ma peau et mes vêtements, je ne me pose plus autant de questions. J’apprends à lâcher prise et je crois que définitivement je fais le deuil de la grosse tenue travaillée et chic parce que mon style vestimentaire commence à correspondre à mon style de vie : simple, confortable.

        J’ai pris le parti de me laisser vivre un peu à ce niveau là et de me donner du temps. Malgré la grosse détox de cet été je me rends compte que certaines pièces de ma garde-robe actuelle sont toujours pas exactement comme j’aimerais, notamment les pièces d’hiver qui sont beaucoup plus anciennes que mes pièces été qui n’ont que deux ans. Du coup je vais attendre un peu les soldes de cet hiver pour voir comment ça va évoluer et me laisser le temps de renflouer à mon rythme et avec mes goûts. Je penserai aux chemises dans quelques mois, pour l’instant elles ne constituent pas ma priorité même si je les trouve toujours aussi sympa esthétiquement.

        Je me demande si le lâcher prise mental sur le rapport aux vêtements (dans le sens j’intellectualise moins, car je n’ai jamais été une bête de mode) ne vient pas aussi du fait qu’actuellement je vis une grosse évolution dans mon propre rapport à mon aspect physique. Question ouverte et en suspens sur laquelle je prendrai certainement le temps de me pencher un peu.

        • Adèle

          27 November

          Ma “palette” m’aide pas mal, même si je distingue des changements. Peut-être faudrait-il prendre un nombre plus réduit de couleurs “principales” car je mets quand même souvent les mêmes, et des couleurs plus épisodiques vers lesquelles je reviens sans cesse. J’envisage de lister toutes les associations de couleurs qui me plaisent pour ne plus être démunie devant ma penderie mais ça prend du temps d’établir “the” charte facile.
          Je pense que le fait d’être devant des publics d’élèves ou de managers change la donne. Comme c’est LA transition, ça doit être normal que je sois perdue (mais toi tu ne l’es pas alors que c’est LA transition aussi, j’en suis admirative). Ou peut-être que je suis moins en paix et n’aie pas les deux adjectifs clé de ma garde robe comme tu as simple et confortable.
          Se laisser le temps de renflouer est une bonne chose, quand bien même il est tentant de tout racheter vite. J’essaie de me réfréner et je crois que j’atteins mon objectif. Je dois être à 10% d’efforts de ma garde-robe rêvée. J’imagine qu’en ayant un salaire et mis de côté, tu vas pouvoir avancer un grand coup avec les soldes. Tu sais vers quoi aller ? Faire une liste ou le coup de coeur ?
          En tout cas, le pêche te va très bien.

          Une pièce maîtresse (un manteau) commence à vraiment boulocher, va falloir lui trouver un remplaçant. J’avais oublié comme c’est nase de se séparer malgré soi d’un objet. Mais s’il n’y a que “l’entretien” des pièces à faire, ça ira.

          • Chauncey

            30 November

            Je dois dire que mes fameux deux adjectifs me sont tombés dessus en mode révélation du jour au lendemain. Je faisais juste le bilan de ce que j’aimais bien dans la vie et je repensais à mon article sur le fond et la forme. Et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de chercher midi à quatorze heures et que ces deux notions clés que j’applique à presque tout dans ma vie devaient bien aller aussi avec une possible “garde-robe”, le mot paraît bien grand quand je fais le bilan de mes possessions en la matière. Les élèves sont un peu public très observateurs, ils remarquent absolument tout tout tout de la forme de mes boucles d’oreille à la couleur de mon vernis en passant par mon porte-clé et si j’ai changé de téléphone. Ca fait un peu bizarre cette impression de microscope mais on s’y habitue. Au fur et à mesure des derneirs mois j’ai vu se dégager des tendances aussi dans ma façon de faire, je crois que les élèves m’ont vue une seule fois en jean depuis le mois de septembre car au final je bouge beaucoup et je ne trouve pas cette matière très agréable à porter dans ce contexte.
            Pour les vêtements d’hiver je vais y aller mollo cette année car je ne sais pas trop où je serais mutée l’année prochaine et l’hiver sud de la France n’est pas pareil que l’hiver nord de la France par exemple… Je pense que je vais essentiellement fonctionner au coup de coeur essentiellement, mon shopping de CAPES m’a vraiment appris comment je fonctionnais à ce niveau là et je commence à en tirer les leçons.
            Comme dit un peu plus haut je lâche un peu prise sur le sujet, probablement parce que je me sens mieux aussi dans ma peau. Il m’arrive encore d’avoir de petits doutes (comme le jour de la première réunion parents-profs) mais généralement ils s’en vont bien vite.
            C’est très cool pour toi si tu arrives à quelque chose qui te correspond, j’ai l’impression que c’est un aspect important de la vie que tu te construis de pouvoir trouver quelque chose “à toi” vestimentairement.

Your email address will not be published. Required fields are marked *

INSTAGRAM
CLIC CLIC