Décline toute responsabilité en cas de procrastination

Lus en janvier

Quand on lit beaucoup, ou quand on a beaucoup de transports, on passe nécessairement par un grand nombre de livres. Entre les ebook et les emprunts en bibliothèque, je lis trop en ce moment pour sélectionner patiemment mes livres et vous en parler au compte-goutte. J’aurais trop peur d’oublier un titre qui me plaît pendant que la liste des livres lus s’allonge.

Citation Flow Murakami "if you only read the books that everyone is reading ...."

La jolie illustration de cette citation dans le magazine Flow. Un bon moyen de se motiver pour lire plus cette année ?

Au programme, une auteure que vous connaissez forcément de nom, de la science-fiction de haute volée intellectuelle, un petit meurtre comme on n’en fait plus, des propos scientifiques pré-mâchés pour les comprendre.

La stratégie Ender, Xénocide, Orson Scott Card.

Ces deux livres de science-fiction datent du milieu des années 80. Science-fiction vieillotte, je partais très sceptique.

J’ai révisé mon préjugé avec beaucoup de bonheur. C’est très bien écrit, très prenant, il me tarde de les oublier un peu pour les relire.

Le premier tome, la stratégie Ender, est considéré comme un livre “orphelin” par son auteur, vous pourrez donc le lire sans vous engager dans une série à suspense qui nécessiterait de trouver la suite aussitôt ou d’y renoncer avec le goût amer de la curiosité inassouvie si vous n’aimez pas assez pour vous procurer le deuxième. Je ne veux pas rentrer plus dans les détails pour ne pas vous gâcher des éléments-clés, et mon seul conseil se résume à vous dire de ne pas regarder le résumé et de commencer à lire. La quatrième de couverture ne fait pas honneur à une histoire aussi dense, poignante, violente, brillamment écrite. J’ai eu le coeur gros en lisant, j’ai été révoltée, je me suis sentie triste. C’est indéniablement un excellent livre.

Le deuxième tome, Xénocide, est très bon aussi. J’ai trouvé le début lent, et il me semblait voir arriver de très loin une intrigue mièvre qui m’aurait été insupportable. Comme avec la science-fiction poussiéreuse, j’ai une tolérance extrêmement limitée pour les histoires d’amour dans la littérature. Souvent gênantes, mal écrites ou porteuses d’un message qui banalise des comportements oppressants,  les mauvaises histoires de couple sont légion. Hormis les quelques longueurs du début, tout le livre a été une excellente surprise. Là encore, ne lisez pas le résumé.

Si vous êtes d’une nature très sensible, certains passages pourraient vous rebuter. Laissez le livre de côté si vous avez la nausée, mais ne le laissez pas seul sur votre étagère : vous passeriez à côté d’un beau moment.

Je prévois (en tout cas, je songe) à vous en reparler bientôt tant j’ai aimé ces livres.

La chimiste, Stephenie Meyer.

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Je suis faible : les affiches étaient partout dans le métro, j’ai pu l’emprunter, ça me ferait du bien de lire quelque chose de léger …

Ca ne casse pas trois pattes à un canard. L’héroïne est un peu stéréotypée, l’histoire d’amour (mais si, une histoire d’amour qui se voit à des kilomètres, mieux que l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie dans la nuit noire) est un peu beaucoup stéréotypée. Pourtant, il y a de nettes améliorations face à Twilight. Le cadre change un peu, l’héroïne fait des choses seule, on sent qu’il y a eu une recherche sur quelques sujets pour ne pas écrire n’importe quoi.

La chimiste est une lecture distrayante pour qui est prêt à mettre un peu de côté son sens critique et se préparer à passer un moment sans prise de tête. L’histoire a des éléments peu ragoûtants et les âmes sensibles pourront s’abstenir, Stephenie Meyer a l’air de faire un effort pour sortir du genre Twilight.

Telle était ma critique jusqu’au 19 janvier.

Je suis arrivée à la moitié du livre et ce à quoi je m’attendais s’est produit : l’histoire d’amour entre l’héroïne et le type-qui-tombe-dans-l’intrigue-par-hasard-pour-mettre-une-romance. C’était presque annoncé dans la 4ème de couverture, je m’attendais bien à une histoire d’amour et pas une incroyable complicité intellectuelle.

Mais je n’étais pas prête à ce que ce soit SI mal écrit. Vraiment. Incroyablement cliché, incroyablement décevant. Je pensais que Stephenie Meyer avait décidé d’écrire ses histoires avec plus de tact, un côté moins attendu.

Le charme discret de l’intestin, Giulia Enders.

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Quasiment un classique tant il a été médiatisé.

Il y a de très bonnes choses. J’ai appris quantité de petites informations sur mon intestin et je suis à peu près convaincue qu’il va être temps d’aller voir ma généraliste et lui demander de me prescrire une prise de sang fissa pour apaiser tout ça. Le ton utilisé par l’auteure se veut très accessible, les petits dessins aèrent le propos même si je n’aime pas trop leur style.

C’est très instructif, mais il y a aussi des détails qui m’ont rebutée. Certains propos sont assez … descriptifs. Descriptifs genre petit haut-le-coeur en imaginant tout ça. Et si je le trouvais agréable au début, le ton de l’auteure m’a rapidement énervée tant elle vulgarise pour expliquer. Je me suis un peu sentie prise pour une pomme de terre (dans une salade de pommes de terre : les lecteurs du livre comprendront). A lire en prétextant que vous l’avez juste acheté pour faire un cadeau. Je n’aurais peut-être pas consenti à claquer une vingtaine d’euros dedans, mais avec le prétexte de l’offrir à quelqu’un, ça me dédouane.

Black coffee, Agatha Christie.

Un inventeur fantasque met au point une bombe. Il prévient Hercule Poirot qu’on va chercher à la lui voler. Lorsque le détective moustachu se rend sur les lieux, la formule a déjà disparu et l’inventeur passé l’arme à gauche.

Tous les éléments d’un huit clos de Agatha Christie sont réunis. Le petit cercle de personnage, ceux qui cachent un noir dessein, ceux qui ont l’air sympathique mais ne le sont pas tant que ça, la petite tentative de nous orienter sur une fausse piste, du jargonnage. Et l’inérarable Hercule Poirot. Ce n’est pas le meilleur livre de la reine du crime, mais c’est un bon titre pour commencer avec elle.

Sans parler du chien, Connie Willis.

L’an dernier, je vous parlais de Jerome K. Jerome et son livre Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien).

Sans parler du chien est une uchronie. Le récit part d’un fait historique postérieur au début de la Seconde guerre mondiale et nous explique un monde modifié, où les historiens accomplissent des voyages dans le temps.

Pour, en l’occurrence, récupérer la potiche d’un évêque.

Les héros sont drôles, la narration par le personnage principal est bourrée d’humour. J’avais déjà lu ce livre et je suis bien contente de le relire. Je lirai sa suite, Black-Out, avec joie.

 

De très belles découvertes ce mois de janvier. Je croise les doigts pour que la pile à lire de février ne me déçoive pas non plus.

Qu’avez-vous lu dernièrement ?


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  1. Telys

    3 February

    J’aime beaucoup lire des romans de science-fiction qui datent d’une autre époque parce que les préoccupations de la société d’alors transparaissent souvent. Ce qui semblait être un message caché il y a quelques dizaines d’années devient criant de vérité aujourd’hui, ou alors délicieusement obsolète (par exemple avec “Soleil Vert”, que j’ai lu récemment)
    Du coup, je note tes suggestions et notamment “Sans parler du chien”, parce que j’adore les uchronies 🙂

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