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Les soeurs Mitford enquêtent : l’assassin du...

Les soeurs Mitford enquêtent : l’assassin du train, Jessica Fellowes

L'assassin du train, Jessica Fellowes

Fellowes, Fellowes … Comme Julian Fellowes ? Le créateur de Downton Abbey ? En moins de temps qu’il n’en faut pour dire Downton, me voici regardant la quatrième de couverture. Non seulement ce livre est un bel objet mais le contenu me paraît tout à fat dans ce que j’aime. Meurtre, mystère, campagne anglaise, inspiré d’une histoire vraie, réflexion sur les différentes classes sociales en fond … Je ne connais pas la famille Mitford, mais cela semble un bon moyen de la découvrir.

Le pitch

Les soeurs Mitford exercent et ont exercé une fascination dans l’Angleterre des années 1920 jusqu’à nos jours. Le sujet semble être un peu trop rabattu pour nos amis d’outre Manche, mais je ne les connaissais pas encore. La famille a de quoi fasciner : la haute société britannique donne naissance à une fratrie rocambolesque de six soeurs et un frère. Nancy qui est l’aînée devint romancière, l’une des soeurs eut un rôle important dans le parti fasciste, une autre au été très mêlée au troisième Reich, une autre lutta contre Franco lors de la guerre civile espagnole … Chacune mériterait un développement ici comme dans le livre, mais je sens que le but des prochains tomes sera de leur accord plus d’importance.

Dans l’Assassin du train, la nièce de Julian Fellowes se concentre sur Nancy Mitford qui est l’aînée et Louisa Cannon, une domestique fictive. Un peu trop curieuses, elles enquêtent de leur côté sur le meurtre de l’infirmière Florence Nightingale Shore (parente de Florence Ninghtingale). L’affaire est non élucidée à ce jour, Jessica Fellowes lui a offert un dénouement intéressant.

Les promesses non tenues

Le personnage de Louisa Cannon m’a beaucoup plu, j’ai en revanche eu plus de mal avec les inspecteurs de police. Difficiles à distinguer au début, j’ai eu du mal à ne pas les trouver creux par la suite. C’est que de manière générale, le style de Jessica Fellowes m’a laissée dubitative.

Toutes les ingrédients étaient là. Toute la matière première pour dresser une galerie de personnages originaux et maintenir le lecteur en haleine. J’ai passé une bonne partie du livre à m’accrocher par sens du devoir, sans me sentir happée. Les derniers chapitres m’ont plu et j’étais prise dans l’histoire. Mais j’ai mis du temps et j’ai le sentiment d’un gâchis.

Agatha Christie a le talent de distiller les indices au bon moment. En plus d’intrigues incontournables comme Le crime de l’Orient Express, la plupart de ses romans ont un très bon sens du timing. Les indices apparaissent à un rythme qui permet de remettre en cause ses certitudes de lecteur. Je n’aime pas nécessairement tous les personnages décrits par la célèbre romancière britannique (à part Tommy et Tuppence) mais d’autres auteurs me créent une relation d’affection assez rapidement avec leurs personnages. J’ai plaisir à les retrouver au fil des pages.

Ici, j’ai surtout eu plaisir à lire ce qu’il arrivait à Louisa Cannon. Elle a éclipsé les autres personnages. Elle était donc bien écrite ce qui est bon signe, mais aussi un mauvais signe car les autres personnages étaient effectivement assez creux. Cette aristocratie britannique ne m’a pas du tout fait rêver, je ne sais pas si c’était le but ?

Ecrire l’Histoire

Un autre point sur lequel j’aimerais revenir.

J’étais très contente que le livre soit enrichi d’une galerie des personnages en début. J’ai plusieurs fois eu besoin de revenir à cette annexe pour vérifier de quelle soeur il était question. Même si les personnages ne sont que des jeunes adolescentes ou des enfants, j’aimerais croire qu’il y a une raison aux développements des moments de la famille Mitford.

Les jours suivants, ce fut un vrai plaisir pour Nanny Blor et Louisa de veiller sur leurs petits protégés alors qu’ils s’amusaient au bord de la mer. En pulls de laine et robes de coton, les enfants se promenaient chaque matin sur la plage. Decca et Unity s’arrêtaient fréquemment pour inspecter ce qui se trouvait sous les pierres, tandis que Diana et Tom ouvraient la marche tels de bons petits soldats et que Pamela regardait avec horreur de mystérieuses créatures piégées dans les creux remplis d’eau de de rocher se tortiller pour tenter d’échapper au filet impitoyable de Nancy.

Justement … Unity est la cinquième enfant de la fratrie Mitford. Le tableau de famille n’en dresse pas un portrait qui fait éprouver de la sympathie pour elle « fascinée par l’Allemagne Nazie et amie d’Hitler. A la déclaration de la guerre, elle fait une tentative de suicide ». Moui. Bon.

J’avais déjà une idée de ce que le personnage allait devenir en lisant cela. J’ai senti une envie de l’auteure  de montrer qu’il n’y avait pas de tolérance à l’égard d’une personne qui a supporté des idées aussi violentes. Cependant, à diaboliser l’enfant Unity Mitford, qui est systématiquement décrite comme jouant de son côté, solitaire, sombre … j’ai été assez agacée. Je sais lire seule, je n’ai pas besoin qu’on me flèche le chemin. A la lecture de l’extrait plus haut, avez-vous deviné que Pamela était la militante pour les droits des animaux de la bande ?

Les promesses tenues

J’étais dubitative lors de l’enquête et donc des péripéties du livre. Le début m’avait vraiment plu. J’ai apprécié que Jessica Felllowes prenne le risque de présenter une société crasseuse, injuste et violente pour les classes sociales les plus défavorisées. J’ai ressenti beaucoup d’affection pour le personnage de Louisa Cannon et ses difficultés financières. Nancy Mitford a connu une évolution la rendant plus attachante et j’ai apprécié certains personnages secondaires et les intrigues sous-jacentes. Elles n’ont malheureusement pas été très développées.

La seconde partie du livre s’est révélée plus intéressante. C’était un peu maladroit dans un premier roman, mais j’ai aimé le moment où les lettres envoyées par la victime rejoignaient l’intrigue et se mettaient en valeur mutuellement.

La résolution de l’intrigue et ce qu’il arrive aux différents personnages à la fin du roman m’a plu.

Je garde le sentiment d’un roman un peu trop ambitieux mais surtout décevant. Je ne suis pas sortie de ma lecture emballée et je n’achèterai pas les suivants sans les avoir lus auparavant pour savoir si j’accroche plus. Et vous, vous l’avez lu ? Vous connaissiez la famille Mitford ?


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