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Obsolescence programmée et surconsommation

Obsolescence programmée et surconsommation

L’obsolescence programmée, vous connaissez ? C’est le fait, pour une entreprise productrice de biens, de prévoir une durabilité limitée des objets, pour que les consommateurs les rachètent à court ou moyen terme. Un objet pourrait être utilisé six ans sans devenir inefficace, il perdra en esthétisme ou en rapidité d’ici sa fin d’utilisation, mais fonctionnera encore. Avec l’obsolescence programmée, une des composantes de l’objet tombera en panne. En l’absence de pièces détachées faciles d’accès ou de possibilité de le réparer aisément, le plus simple pour le consommateur sera de le racheter.

Prêt à jeter, Cosima Dannoritze, 2010 (dispo sur arte)

Le documentaire date de 2010, mais la situation n’a pas pu s’améliorer beaucoup depuis. La notion d’ obsolescence programmée n’est pas neuve. Vous avez peut-être entendu parler des paires de bas en nylon, si résistantes …. Que les fabricants en ont organisé l’usure programmée. En rendant les fibres moins résistantes, en altérant volontairement la qualité que les bas se filent. Avec d’autres exemples, le documentaire revient sur la création de l’ obsolescence programmée et son utilité économique. Il y a en effet un débat ; l’usure permet de racheter, donc de relancer la consommation des produits l’entreprise. Un produit trop durable, que le consommateur ne rachèterait pas, c’est un manque à gagner. L’exemple marche mal pour les vêtements dont la durabilité dépend beaucoup d’une appétence pour l’objet, le design, la désirabilité. Mais pour d’autres biens, possédés en un seul exemplaire ou sans la même charge émotionnelle, c’est une différence majeure.

pourquoi le minimalisme fait peur ? Do it for the mermaids

Sur un sujet connexe, l’article très intéressant du blog Do it for the mermaids (francophone) : pourquoi le minimalisme fait peur ?

Le documentaire revient justement sur les Ipod et les imprimantes. Les Ipod en particulier, en mettant en avant l’absence de batteries de rechange disponibles. Lorsque la batterie, qui a une durée de vie de huit mois, tombe en panne, il faut changer tout l’Ipod. Pour les imprimantes, le système est encore plus pervers : c’est une puce dans certains modèles qui détecte le nombre d’impressions … puis l’imprimante se bloque. L’éponge qui nettoie les bavures d’encre ne fonctionne plus volontairement après ce nombre d’impressions.

Qu’est-ce qu’on peut faire contre cette fichue obsolescence programmée ?

Pas grand chose dans la mesure où c’est un système. En l’absence d’obligations légales de recycler convenablement les objets, les entreprises auprès desquelles nous achetons continuent à tout abandonner dans d’autres pays. A part trouver des compromis dans des achats individuels, je ne vois pas d’autre solution.

L’objet le plus durable que je possède est un mp3. De marque Philipps, avec 4go de mémoire. Pas de lecture vidéo, tous les formats ne sont pas acceptés, l’affichage était sûrement très à la mode quand je l’ai acheté il y a huit ans. J’ai dû changer la paire d’écouteurs et la peinture s’abime, mais les boutons, le son, les options marchent toujours aussi bien. Par chance, sa batterie ne m’a jamais lâchée.

Quand je compare sa soixantaine d’euros sur huit ans au budget passé en imprimantes depuis … Sans compter qu’il faut rajouter le prix des cartouches d’encre, qui sèchent très rapidement. Je n’ai pas de meilleure solution pour imprimer, et je ne peux pas trouver plus pratique comme solution d’impression (c’est mon petit luxe d’imprimer mes cours sans courir à la corep). Pour le mp3, la marche à suivre est très simple : continuer à l’user jusqu’à la corde, puis trouver un modèle d’une marque fiable qui me permettrait une même durabilité. Pour l’imprimante, croiser les doigts car je suis beaucoup plus mitigée sur sa durée de vie.

Des associations réparent les objets du quotidien usés. Pour l’électroménager, c’est particulièrement intéressant. Les appareils ne seront peut-être plus aux minima de consommation électrique, mais ils peuvent fonctionner longtemps. Le nombre d’annonces de vente de tables basses et de lampe d’occasion m’incite aussi à penser qu’on peut trouver une alternative fiable aux magasins neufs pour ces objets.

Pour les vêtements, j’essaie de consommer mieux sans surconsommer. C’est mon plus gros pôle d’amélioration. J’achète en friperie en priorité. En ayant moins de temps devant moi, je suis vraiment tentée de commander sur des sites internet de marques neuves, Vinted s’avérant cher et peu pratique, sauf vêtement coup de cœur. Ce n’est pas cher en soi, mais je sais que les prix sont plus élevés que dans les friperies que je connais.

Je ne suis pas souvent en mesure de recoudre un vêtement sans que ça se voie. L’esthétique Wabi Sabi me trotte en tête, et si j’essayais de recoudre avec du fil visible doré ? Ca n’ira pas pour tous les vêtements, mais il y a peut-être quelque chose à creuser.obsolescence programmee surconsommation

Les collants Bleuforêt ou la lingerie Le Slip Français présentent l’avantage d’être faits en France et de soutenir des entreprises bienveillantes avec leurs salariés. Les produits que je possède résistent en effet nettement mieux aux outrages du temps que ceux achetés en grande distribution.

Affaire à suivre, donc. Pour m’aider à y réfléchir, j’ai ajouté J’Arrête de surconsommer sur ma wishlist. Tout ne sera pas pertinent pour moi, mais je ne doute pas d’en bénéficier.

Et vous, vous en êtes où ? Le document vous intéresse ? Vous avez envie de vous renseigner plus sur le sujet ?

 


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  1. Babitty

    17 mars

    Je trouve ça super intéressant 🙂 L’un des moyens de lutter, c’est aussi d’apprendre à réparer les objets. Je sais qu’il existe pas mal de cours qui apprennent à réparer un objet électronique. Après je n’ai pour le moment pas été concernée encore par ça. Si ce n’est mes ordinateurs portables que je change un peu trop souvent pour pouvoir suivre au niveau des jeux vidéos. Et encore… Le dernier je le garde toujours en roue de secours et celui d’avant a été récupéré.

    Le minimalisme est aussi l’un des moyens de lutter contre la surconsommation. Pour moi surconsommer c’est surtout acheter des produits dont on a pas besoin ou dont on a besoin pour un usage unique. (Genre acheter une imprimante pour imprimer UN truc.) L’obsolescence programmée du point de vue du consommateur ça craint un max, mais du point de vue du constructeur cela reste malheureusement important s’il veut continuer à vendre :/ Après dans un contexte où l’on doit faire attention à l’écologie, à l’humain, etc. cela craint un max quand même, mais déjà le mouvement pour lutter contre ou au moins réfléchir sur la manière de changer a été lancé. Il faudra voir comment ça évolue !

    • Adele Eastmacott

      3 avril

      Ca reste super important pour le constructeur et franchement, je ne sais guère quoi faire : je vais forcément travailler tôt ou tard pour des entreprises qui tablent là-dessus, avec des collègues dont le but est de designer un nouvel objet dont on pourrait se passer au profit d’une offre plus pérenne. Ca ne fera pas de mes collègues d’horribles pollueurs et les entreprises peuvent être vertueuses en ayant une RSE au top, en se souciant de leurs salariés … Mais je suis attristée devant tous ces objets qui s’accumulent dans les magasins de seconde main. L’abondance de tables et de dressings complètement obsolètes dans les Emmaüs me laisse pantoise (qui a la place pour un buffet en chêne ? Mais est-ce que ça n’est pas un bel objet pérenne ?), c’est un genre de sélection naturelle qui ne marche pas du tout.

  2. Telys

    30 mars

    J’arrive un peu tard mais le sujet me parle donc je laisse quand même un commentaire 🙂

    Pour l’imprimante, on a fait un choix auquel on ne pense pas toujours : on a acheté une imprimante laser.
    L’inconvénient, c’est qu’on ne peut imprimer qu’en noir & blanc, car les imprimantes lasers couleur (de qualité) ne sont pas très abordables. Mais pour nous qui imprimons occasionnellement (des billets de spectacles ou de transport, quelques documents de boulot,…), c’est parfait. Le toner ne sèche pas et c’est fini les cartouches hors de prix qui deviennent inutilisable avant qu’on ait eu le temps de les utiliser complètement.
    Le coût à l’achat est un peu plus élevé, mais le toner coûte assez peu cher et comme on ne le gaspille pas, c’est devenu plus rentable qu’une imprimante jet d’encre.

    • Adele Eastmacott

      3 avril

      Je réponds un peu tard aussi (disons que c’était ma digital detox). Je n’avais pas envisagé l’achat de l’imprimante laser, mais dans ces conditions, ça se réfléchit tout à fait. Les cartouches d’encres sont un fléau, pas de doute que le laser se révèle plus intéressant à la longue. Si ce n’est pas indiscret, tu l’as depuis combien de temps ? Elle tient ses promesses ?

      • Telys

        7 avril

        On a une Brother DCP-7070DW depuis 4 ans maintenant, et on en est pleinement satisfait. Je ne me souviens plus très bien combien on l’a payée à l’époque, 100 ou 150€ je crois. On a changé le toner une fois, pour un générique à 10€ (l’officiel coûte une trentaine d’euros) et on en est pleinement satisfait. En plus, elle imprime recto-verso, ce qui est un autre argument d’économie pour le papier.

        Je me suis juste sentie limitée quand j’ai voulu imprimer des projets créatifs en couleur (calendriers maisons, cartes de vœux ou d’anniversaire PDF achetées sur Etsy…), dans ce cas j’essaie d’imprimer au boulot.

        N’hésite pas si tu as d’autres questions 🙂

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