Lectures, découvertes, coups de coeur. Le blog qui décline toute responsabilité en cas de procrastination.

Lectures, 2019, coups de coeur et découvertes

Lecture : activité compulsivement exercée dans les transports en commun ou avant de dormir.

Il y a deux ans, j’ai fait quelque chose d’intelligent pour le futur. J’ai listé toutes mes lectures de l’année pour en parler sur ce blog, ce qui a pu vous faire découvrir des titres et m’a évité de perdre une liste annuelle notée sur un bout de papier.

Je n’ai pas encore trouvé le courage de prendre 2018 à rebours, mais j’ai consacré mon mois de janvier à passer en revue via mon clavier tout ce que j’avais lu. Force est de constater que je lis beaucoup dans les transports en commun, ce qui me console presque d’y passer tant de temps. J’ai commencé 2019 par de la littérature jeunesse, que vous trouverez assez bien représentée ici. Quelques classiques ça et là. Des littératures de l’imaginaire pour s’aérer entre deux. Une obsession pour quelques autrices.

Au programme dans cet article :

  • utopie / dystopie féminine
  • classiques ou presque
  • histoires de famille
  • trouver sa place dans ce monde de brutes
  • voyages
  • essais qui remettent à peu près tout en question
  • parlez-moi d’amour
  • haletant / page turner
  • peu de mots et plus ou moins d’images

Dans la catégorie … utopie / dystopie féminine

  • Le pouvoir, Naomi Alderman ;  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Une très bonne lecture (quand je dis que je n’ai presque lu que de belles choses !), je l’ai conseillée à tout le monde et j’aimerais vous le mettre de force dans les mains si vous lisez cette chronique. Comment, dans un futur relativement proche, des femmes aux quatre coins de la planète se découvrent le pouvoir d’électrocuter leur prochain. La décharge peut être d’une intensité variable, et la faculté plus ou moins maîtrisée. Mais il n’y a que des femmes et des femmes dans plusieurs pays simultanément qui se la découvrent. A travers une somme de récits individuels, Naomi Alderman nous montre comment ce monde entre en pleine mutation, et comment se concilient des choix politiques (répression des femmes / tentation du matriarcat) et des trajectoires individuelles de femmes d’origines et d’âges variés. C’était brillant, vertigineux. Je me laisse le temps de l’oublier un peu avant de le relire Ad Vitam.
  • Les heures rouges, Leni Zumas,  ❤ ❤ ❤ ❤ Ensuite, après tout ce bel optimisme, j’ai lu un roman que Margaret Atwood a beaucoup aimé, et mon bel optimisme fut contrebalancé. Contrebalancé entre le « très bien écrit » et le « comme ce futur déprimant pourrait ressembler au nôtre ». Dans les heures rouges, les lobbys états-uniens anti avortement (ceux-là avec lesquels Trump veut manifester) ont réussi leur coup. Plus d’avortement, mais pas non plus de PMA pour les femmes seules. Dilemme d’une enseignante stérile qui se demande si elle doit aider une gamine à avorter ou lui proposer de s’occuper de cet enfant, existence en marge d’une chamane qui aide les bourgeoises à reprendre possession de leurs corps. Elles étaient toutes attachantes, j’ai adoré.
  • Le mur invisible, Marlen Haushofer ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Popularisé par Diglee et son club lecture. Presque impossible à trouver quand le club venait d’en parler. Une femme se retrouve seule, coupée du monde dans la campagne autrichienne, isolée par un mur invisible alors qu’elle rendait visite à des membres de sa famille … jamais rentrés du village. Plus de communications avec l’extérieur, impossible de franchir cette barrière qui encercle un territoire qu’elle ne connaissait pas.

Dans la catégorie … Classiques ou presque

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  • Martin Eden, Jack London ;  ❤ ❤ ❤ Roman d’apprentissage du jeune Martin, tombé amoureux d’une jeune bourgeoise. Pour ses beaux yeux et pouvoir la fréquenter, il étudie, se met à écrire, devient un auteur à succès. Sa quête ne l’emmène pas où il le pensait, et ne lui apporte pas ce qu’il recherchait. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, Jack London a réussi un très beau roman initiatique qui ne gomme pas le dénuement dans lequel son héros doit vivre.
  • Niki, Tibor Dery ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Une très belle découverte d’un auteur hongrois. Une tranche de vie de la Hongrie communiste, racontée du point de vue … D’un chien ! De Niki, petite chienne qui vit avec ses maîtres, les voit disparaître, peut-être revenir … Le style n’est pas naïf mais très simple. Je l’ai lu d’une traite et les personnes à qui je l’ai fait découvrir ont été happées.
  • La maison de Claudine, Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine s’en va, Journal d’Annie, La retraite sentimentale, Colette ;  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Vous vous doutez que si je les ai tous lus d’un coup, c’est parce que je les ai adorés. Colette y raconte une vie d’adolescente dans la campagne de la fin des années 1800. Son père, ses professeures, sa sœur de lait, ses amies. Le microcosme d’une vie de jeune fille. Une très belle découverte !
  • Persuasion, Jane Austen.  ❤ ❤ Il est question de Bath, d’amours impossibles et j’en passe. Si j’ai aimé le style de l’autrice, je suis au regret de dire que je n’ai RIEN retenu de l’histoire. C’était un Austen, un bon Austen et … C’est tout.

Dans la catégorie … Histoires de famille

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  • Le château de Cassandra, Dodie Smith. ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ J’ai lu et relu le château de Cassandra plus de cinq fois. L’histoire de Cassandra, narratrice de seize ans nous racontant la vie de sa famille. Les fantaisies d’un père auteur qui n’a écrit qu’un seul roman, une sœur qui rêve de se marier, une belle-mère posant comme modèle pour des peintres et communiant avec la nature. Leur quotidien, fauchés dans un château qui tombe en ruine. J’aimerais pouvoir discuter de la fin des heures et trouver un fandom juste dédié à ce roman.
  • Sauveur et fils, tomes 1, 2, 3, 4, Marie-Aude Murail ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Sauveur Saint-Yves, psychologue à Orléans, reçoit ses patients dans le rez-de-chaussée de sa maison. Son fils, Lazare, prend l’habitude d’écouter aux portes. Les adolescents qui défilent dans le cabinet, en pleine rébellion, anorexiques, aux familles recomposées.
  • De mères en filles, Maria José Silveira ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Epopée brésilienne débutant en 1500. Histoire d’une filiation. Filiation s’applique-t-il quand on suit l’épopée familiale des femmes d’une famille ? De 1500 à notre époque, indigènes, africaines, portugaises, espagnoles, françaises, métissées. Enchevêtrement de destins. Difficile de retenir le destin de chacune de ces femmes, mais j’ai été happée tout le long et je me suis prise d’affection pour plusieurs d’entre elles.
  • Quatre sœurs, Malika Ferdjoukh.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ En quelques années, j’ai lu et relu ces quatre tomes. Il y a presque un tome par sœur, presque car elles sont en réalité cinq. Les sœurs Verdelaine ont perdu leurs parents et vivent dans leur maison un rien délabrée en Bretagne, en cherchant désespérément à économiser (quatre d’entre elles vivent sur le salaire de l’aînée, dur dur). Un petit air du Château de Cassandra dans cette famille pas comme les autres dans sa sublime et inconfortable demeure ? Indubitablement. J’ai un peu pleuré, souvent été émue, rêvé de donner une fin heureuse à Charlie (pas lui !), compati pour Hortense, fini par apprécier Bettina, aimée Geneviève … Quel régal !

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  • La goûteuse d’Hitler, Rosella Postorino.  ❤ Sur le papier, une histoire peut-être captivante. Primée bon nombre de fois. Une femme vivant dans le village de ses beaux-parents, près du bunker du Führer, choisie ainsi que d’autres femmes pour goûter une nourriture potentiellement empoisonnée. De l’Histoire, du drame ? Moui. C’était convenu, et finalement peu intéressant. Une histoire d’amour d’un ennuyeux, bigre !
  • Un brillant avenir, Catherine Cusset ;  ❤ ❤ ❤ Une scientifique et sa belle-fille, différences générationnelles, difficultés pour s’entendre. Helen qui a quitté la Roumanie communiste et antisémite émigre aux Etats-Unis avec l’homme (juif) qu’elle a épousé. Devenue une brillante chercheuse, elle ne parvient pas à comprendre la compagne de leur fils unique. Marie, française, arrogante, égoïste. Helen, froide, rancunière, hostile. J’étais heureuse que les deux héroïnes ne s’opposent pas pour un homme ou pour un autre débat simpliste : elles ne s’entendent pas car elles ont de profondes différences de valeurs, et Catherine Cusset les utile bien.

Dans la catégorie … Trouver sa place dans ce monde de brutes

  • La fourmi rouge, Emilie Chazerand ;  ❤ ❤ ❤ De la littérature jeunesse. Une adolescente avec un strabisme, amie d’une autre au fish odor syndrom (oui oui elle sent le poisson). Le père de la première est taxidermiste. C’est une histoire de famille et d’un peu autre chose, c’est tendre.
  • Comme des images, Clémentine Beauvais ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Une adolescente qui n’est pas dans son milieu social au lycée Henri IV. Ses amies (jumelles) qui ne côtoient presque plus. Les images très privées d’elles que l’ex petit-copain diffuse sur Internet. Tout se déroule en quelques heures, jusqu’à la découverte d’un corps ensanglanté dans la cour. Et pendant ce temps, des ados plus vrais que nature, mais vérolés par leur envie de réussite et l’influence des réseaux sociaux. Ce n’est pas une adulte qui se mettrait à la place d’adolescents avec une distance condescendante. Le style léger de Clémentine Beauvais, qui alterne entre sa narratrice et les mots virtuels doux-amers de ces adolescents m’a fait dévorer le roman d’une traite.
  • Isidore et les autres, Camille Bordas ;  ❤ ❤❤ Isidore a un frère compositeur de talent, un autre qui fait une thèse, des sœurs brillantes. Sur les six enfants dont il est le petit dernier, il est évident pour Isidore qu’il est le seul à ne pas être surdoué. Il mène une vie de collégien sans histoires, jusqu’au moment où l’auteure nous emmène dans un roman d’apprentissage sur la mort, l’amour, l’idée de famille.
  • 3000 façons de dire je t’aime, Marie-Aude Murail.  ❤ ❤ ❤ ❤ J’en conseille la lecture à des ados de votre entourage aussi si vous en connaissez. Des ados se prennent de passion pour le théâtre. Six ans plus tard, ils se retrouvent au conservatoire, sous la houlette d’un professeur exigeant. Pas de grands discours moralisateurs d’un enseignant. Comme toujours avec Marie-Aude Murail, les ados sont drôles, sensibles, bougons, irrationnels mais réalistes. J’ai passé un très bon moment de lecture et je le conseillerais avec plaisir.
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  • La nuit privée d’étoiles, Thomas Merton ;  ❤ ❤ Autobiographie, les tribulations de Thomas Merton, aujourd’hui moine trappiste. De sa jeunesse agitée à sa quête fantasque pour entrer en religion (en essayant tous les courants qu’il était possible d’essayer ou presque), jusqu’au moment où sa vie s’apaise.
  • Un été sans les hommes, Siri Huqvest.  ❤ ❤ ❤ ❤ Lecture d’été de préférence mais vous pourriez vous y mettre dès maintenant ! Pour ne pas supporter la liaison de son mari avec une jeune poétesse. Mia, enseignante va passer l’été dans la ville de sa mère, retraitée. Elle s’occupe de celle-ci et d’un groupe de jeunes filles venues profiter de son atelier d’écriture. Groupe d’octogénaires pétillantes (qui veut parler avec moi de cette histoire de broderies ?), groupe d’adolescentes et leurs conflits sous-jacents. Personnage secondaire d’une jeune mère de famille. M’a fait tourner la tête, je comprends la description d’un parcours d’une « lecture de soi » à travers différents âges.
  • Pome, Marie Despleschin ;  ❤ ❤ ❤ La suite du roman « Verte », qui présentait une jeune sorcière s’initiant à la magie grâce à sa grand-mère fantasque Anastabotte et vivait seule avec sa mère Ursule. Sa nouvelle voisine, Pome, peut-être être elle aussi une sorcière ? Avec un nom pareil ? L’entourage de Verte ayant bien changé depuis le 1er tome, la lecture est très prenante lorsque chaque personnage devient le narrateur d’un chapitre.

Dans la catégorie … lectures pour voyager (sur Terre ou pas)

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  • Voyage au centre de la Terre, Jules Verne ;  ❤ ❤  Un Jules Verne. Sans surprise, le scientifique savant fou, et le jeune naïvement fantasque qui l’accompagne sans aventures. Bien sûr le livre est un peu daté mais j’ai passé un très moment de lecture.
  • Sans parler du chien, Connie Willis.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤Connie Willis ! CONNIE WILLIS ! Toujours une de mes auteures préférées, j’aime tout ce qu’elle a écrit et que j’ai pu lire, ces voyages dans le temps, ces personnages attachants (hein, Françoise), ces théories bouleversantes. L’un de mes premiers billets de blog (instant émotion) portait sur Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien), roman situé à l’époque victorienne et dans l’univers duquel des historiens d’Oxford (en l’an 3000 de notre ère) font un voyage temporel d’étude. Il faut reconstruire une cathédrale, échapper aux gueulantes de Lady Schrapnel (qui ferait passer Seveus Rogue/ Mac Gonagall / Molly Weasley dans ses Beuglantes pour jeunes filles en fleur rougissantes), ramener un chat ou un rat ou un châle pour que le continuum temporel survive et que le monde ne soit pas détruit. Connie Willis joue avec le lecteur, tout se lit d’une traite, le final est magistral et m’a donné une furieuse envie de vivre à Oxford en l’an 3000 et un peu plus.
  • Le grand livre, Connie Willis ;  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤  Des historiens utilisent des transmetteurs temporels pour remonter le temps lors de leurs études. Pourquoi pas le Moyen-Age ? Projet ambitieux de Kivrin Engle, dans une époque qu’aucun historien n’a encore visité. L’exploration ne durera pas longtemps. Sauf lorsqu’elle se retrouve coincée dans le passé, incapable de retrouver son époque d’origine, à l’approche de l’arrivée de la peste noire. Aucun étonnement à savoir qu’il s’agit d’un livre multi primé, il le mérite. C’est un voyage dans le temps merveilleusement bien raconté. J’ai pleuré comme une madeleine. Connie Willis, que j’aime votre œuvre !

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  • Mary Ventura et le 9ème royaume, Sylvia Plath.  ❤ ❤ ❤ ❤ Bien moins connu que la Cloche de Détresse. Peut-être pas aussi marquant ? Le voyage en train, bref comme un éclair, de Mary Ventura vers … Ecrit avant sa première tentative de suicide, sombre mais très bien écrit. Difficile à décrire.
  • Lasser, un privé sur le Nil, Lasser, mariage à l’égyptienne ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Sylvie et Philippe Ward. Relu avec impatience et beaucoup d’affection cette histoire que j’ai découvert au début de mes études (désormais finies, merci pour elles). J’en ai parlé récemment. Le Caire, des Dieux égyptiens, les années 30, une tripotée de mystères.
  • L’élixir d’oubli, le royaume immobile, Pierre Pevel.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤Vous vous souvenez que j’avais parlé de Lasser avec des étoiles dans les yeux ? Vous pouvez en ajouter autant pour Pierre Pevel. Paris. La Belle Epoque. Une tripotée de créatures magiques faisant parfois partie de la pègre. Un récit haletant et émouvant, je ne pouvais pas le lâcher, même lorsque j’avais envie de pleurer à cause des passages émouvants.

Dans la catégorie … Essais qui remettent à peu près tout en question

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  • Mon évasion, Benoîte Groult.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Pour le TEP Bookclub, je me suis laissée tenter par une autobiographie. Tout le monde en parlait, de BenoÎte Groult. Je comprends bien pourquoi. Son retour d’expérience sur la vie qu’elle a mené, ses enfants, ses petits-enfants. Sa découverte sur le tard du féminisme, la remise en question de ces années où son premier mari la laissait seule avec les enfants et son travail, tandis qu’il menait sa vie de reporter et lui écrivait qu’il entendait bien rentrer pour les trouver prêtes à son retour et propres (la maison, et elle aussi). Son remariage. J’avais désespérément envie de la raconter et de profiter plus longtemps de cette douceur dans ce féminisme décomplexant d’une grand-mère plus âgée, bienveillante et révoltée.
  • Ceci est mon sang, Elise Thiebaud.  ❤ ❤ ❤ ❤Un essai sur les règles à travers les âges. Loué par la critique, je comprends pourquoi. J’ai eu le très agréable sentiment de lire Mona Chollet. J’en recommande la lecture : c’était simple, suffisamment documenté, toujours fluide, j’ai beaucoup appris sans avoir le sentiment de creuser un sujet parfois désagréable.
  • La femme mystifiée, Betty Friedan ;  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤  Une des meilleures lectures de l’année, j’avais pourtant fait beaucoup de bonnes découvertes. Betty Friedan, conseillée par Benoîte Groult qui parlait de la femme mystifiée comme d’une lecture bouleversante. Si le contexte est un peu loin de moi (femmes au foyer des Etats-Unis dans les années cinquante – je ne caricature pas), le propos est universel. Betty Friedan a mené des entretiens pour identifier « le problème qui n’a pas de nom », cette déprime des femmes au foyer qui savent que leur vie n’est pas celle qu’elle aurait dû être. Entre autres : démonstration de la pression sociale des magazines, étude de la pensée freudienne, influence de la seconde guerre mondiale et la guerre froide … Une pensée complexe mais racontée très simplement. J’ai pris de nombreuses photos durant la lecture.
  • Ainsi soit-elle.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Après avoir lu l’autobiographie de Benoîte Groult, je mourrais d’envie de lire son célèbre essai. C’est une lecture passionnante et parfois dure. Je me pensais bien informée sur certains faits glaçants, à commencer par l’excision. J’étais captivée, j’ai pris énormément de notes dans la marge et cette lecture m’a amenée à d’autres.

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  • Sodoma, Frédéric Martel ;   ❤ ❤ ❤ La grande enquête de Frédéric Martel, qui a beaucoup écrit sur l’homosexualité en France. Il s’intéresse cette fois aux dessous de l’Eglise catholique. C’est un essai passionnant mais lourd : dense, et plombant. Dans son devoir d’investigation, Frédéric Martel prend le temps de faire la démonstration des exactions commises par certains hauts dignitaires. Le cercle vicieux qui se met en place, où des prédateurs se cachent parmi les prêtres et ont des visées sur les séminaristes qu’ils soupçonnent d’être homosexuels. De futurs prêtres qui n’ont pas de recours à exercer, de crainte de se faire exclure de l’Eglise. Schéma qui date de plusieurs décennies et qui s’est répété … Jusqu’à ce que le journaliste nous parle d’exemples contemporains, quelques jeunes gens qui ont pris le temps de partir et vivre une vie plus simple. Un discours politique sur le système du pouvoir … C’était passionnant mais ça m’a laissée un peu vacillante.
  • Le livre des morts des anciens égyptiens, Grégoire Kolpatchy.  ❤ ❤ ❤ Voilà un livre auquel j’ai consacré un billet tant il me fait penser (d’une certaine manière) à ma série préférée, The Good Place. Comment les Egyptiens conçoivent-ils leurs tombeaux, pourquoi y mettent-ils tant de bazar, que révèlent leurs textes funéraires ? C’est en quelque sorte le livre sacré, la Bible des Egyptiens, et le commentaire qui le précède permet de mieux comprendre cette civilisation.

Dans la catégorie … parlez-moi d’amour

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  • Songe à la Douceur, Clémentine Beauvais ;  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Le livre lu et relu. Dont j’avais déjà parlé ici et qui était déjà dans mon ancien bilan de lecture. C’est drôle, c’est sensible, j’ai tout aimé. Je le relis avec beaucoup de plaisir à chaque fois. Le format en vers est un peu déroutant mais on s’y accroche très vite.
  • L’île des gauchers, Alexandre Jardin.  ❤ ❤ ❤ La plus dingue de mes lectures cette année. Complètement loufoque. L’histoire d’un Lord anglais partant vivre le grand amour avec sa femme, sur une île avec une grande proportion de gauchers et un art de vivre certain. Mi tendre et passionnant de réflexions sérieuses sur l’amour et le fait de se fourvoyer en imaginant le vivre le mieux possible. Mi … Dingue ? Des descriptions osées qui m’auraient fait rougir dans le métro, un lord anglais qui porte des sous-vêtements fourrés, un voisin naturiste. L’ensemble est bizarre mais intéressant.
  • Derrière l’épaule, Françoise Sagan.  ❤ ❤ ❤ Emprunté à la boîte à livres et pas lâché depuis. Françoise Sagan, légère, évaporée, revient sur chacun des romans qu’elle a écrit. Son processus d’écriture et la réception critique du travail d’une jeune femme à la vie légère. J’ai lu ce témoignage d’une traite, et je l’ai tant aimé que je me suis lancée dans le grand challenge de lire chacun de ces romans et me référer à la manière dont elle l’a vécu.

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  • Un certain sourire, Sagan. Une histoire d’amour, des amants partant à Cannes. Léger, frivole. Ok. Pas autant aimé que lorsque j’ai lu Bonjour Tristesse.
  • Dans un mois dans un an, Sagan.   ❤ ❤ Une lecture agréable bien qu’elle ne m’ait pas marquée. La vie mondaine d’éditeurs parisiens un peu pitoyables (pensez, il aime en secret une comédienne. So boring). Des femmes insaisissables. Des portraits assez bien brossés d’une clique de gens finalement peu sympathiques et en tout cas insupportables : on se trompe mais on s’ennuie énormément dans leur petit milieu. Bien écrit mais je ne me suis pas attachée à eux.
  • La chamade, Sagan. Un très bon Françoise Sagan.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Une histoire d’amours contrariés, une femme-enfant. Ce n’est pas le résumé qui compte, juste une bonne qualité d’écriture dans celui-ci en particulier. Je l’ai vraiment aimé.

Dans la catégorie … Haletant /page turner

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  • Le gang de la Tamise, Jessica Fellowes ;  ❤ ❤ ❤ ❤ Si vous ne connaissiez pas les sœurs Mitford et n’avez jamais l’occasion de faire des lectures / visionnnages de nombreux films, il s’agit d’une famille aristocrate anglaise dont les nombreux filles ont eu des destins bien différents. Romancière à succès, activiste pour les animaux (bisexuelle), épouse d’un fasciste, admiratrice du troisième Reich, défenderesse de la cause des Noirs Américains, châtelaine. J’avais trouvé le premier tome un peu … Plat. Mais pouvoir emprunter le deuxième, ma foi, pourquoi pas … Et c’est une bonne surprise, le charme fonctionne.
  • Eden, Monica Sabolo ; Haletant.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Très bonne lecture comme en témoigne cette ribambelle de coeurs ! Un groupe de serveuses dans un diner miteux. Une communauté indienne qui sait qu’on la méprise, des adolescentes victimes d’un système sexiste. Jusqu’au moment du surnaturel. Des disparitions. Des loups qui hurlent le soir. D’une escalade de la violence par un groupe de femmes. C’était très bien écrit, je l’ai acheté pour l’offrir à plein de copines après leur avoir conseillé de le trouver elles-mêmes incessamment sous peu. Si elles ne l’ont pas fait, c’est là que j’interviens et leur mets entre les mains en faisant les gros yeux.
  • Chanson douce, Leïla Slimani ;  ❤ ❤ ❤ ❤  Une très belle lecture. Haletante, qui justifie les prix reçus par ce roman. L’histoire d’une garde d’enfants et la spirale qui l’amène à craquer et les blesser volontairement. Certainement pas le livre de lire qu’on offre à de jeunes parents, de peur qu’ils ne claquemurent les enfants jusqu’à l’âge adulte. C’était glaçant, ça m’a laissée un peu nauséeuse mais c’était une bonne lecture.

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  • Les 7 morts d’Evelyn Hardcastle, Stuart Turton.  ❤ ❤ ❤ ❤ Le narrateur est-il seulement un être humain ? C’est en tout cas une conscience qui se réveille piégé dans une boucle temporelle. Chaque jour, le même meurtre est amené à se produire, il doit l’éviter s’il veut sortir de cet infernal manoir anglais où chacun se toise. Ce n’est pas une de mes lectures préférées ; chez moi la mayonnaise n’a pas pris. Pour autant je l’ai conseillé et j’en ai eu de bons échos !
  • Captive, Margaret Atwood.  ❤ ❤ ❤ ❤ Je n’ai pas vu la série mais je peux faire des éloges du roman. Grace Marks, accusée de deux meurtres à l’âge de seize ans, a été condamnée à perpétuité. Un médecin qui rêve de faire une grande découverte scientifique cherche à élucider le mystère de ces meurtres. Coupable ? Innocente ? Folle ? Le voile se lève et la personnalité de Grace transparaît. Margaret Atwood joue jusqu’au bout avec nos nerfs et la vérité.
  • Les merveilleux nuages, Sagan.  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ Un merveilleux Françoise Sagan. Une sorte de huit clos en plein air, dans un endroit paradisiaque qui ne suffit pas à faire passer son ennui à un couple mal assorti. On y retrouve l’héroïne de Dans un mois dans un an qui m’avait agacée à l’époque mais qui me paraissait ici sympathique (surtout avec ce crétin de mari à la jalousie infernale). Court, facile, des portraits bien réussis.

Dans la catégorie … Peu de mots et plus ou moins d’images

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  • Cher pays de notre enfance, Davadeur et Collombat ;  ❤ Une bande dessinée politique sur le Gaullisme, les grandes grèves, les dessous de la République. Je l’ai empruntée par hasard, la lecture était distrayante, le trait beau, mais peut-être était-ce le sujet trop éloigné : je n’ai pas retenu grand-chose.
  • Le vicomte pourfendu, Italo Calvino.  ❤ ❤ J’avais adoré Si une nuit d’hiver un voyage, découvert grâce à Lupiote car j’étais allée me faire lire. Je n’ai pas tellement aimé Le Vicomte pourfendu. Histoire un peu caricaturale d’un homme qu’un combat de sabre sépare en deux moitiés verticales, l’une toute entière composée de bonté et l’autre perverse, malfaisante. Deux infirmes amenés à se retrouver après de longues errances et leur lot de souffrances (la sienne / celles qu’il inflige). C’est bien plus un conte (avec le N) qu’un roman, pas mon genre favori.
  • La mécanique du cœur, Mathias Malzieu.  ❤ ❤ Edimbourg, 1874. Un garçon né le jour le plus froid du monde a le cœur gelé. Une sorcière le prend en pitié et parvient à le sauver en remplaçant son cœur par une horloge. La protèse fonctionne à condition de ne pas vivre d’émotions fortes. Devenu adolescent, il n’attend que cela et tombe sous le charme d’une chanteuse de cirque. Poétique mais un peu trop attendu, j’étais contente de le lire mais il ne m’a pas transcendée.
  • Betty Boob, Julie Rocheleau et Vero Cazot.  ❤ ❤ Une BD muette sur une femme perdant son sein et divorçant. Curieusement légère, un crayonné très coloré, mais pas un coup de cœur. Peut-être en entendais-je déjà trop parler ?

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  • Je suis toutes les femmes, Liv Stormqist.  ❤ ❤ Une BD sur … Beaucoup de choses, j’imagine. Un petit côté punk. La relation de Barbapapa et Barbamama (oui, ceux-là). Les pires petits-amis de l’Histoire (des dictateurs, surtout).
  • La maison de poupée, Ibsen ;  ❤ ❤ ❤ Un titre également évoqué par Benoîte Groult. Une femme enfermée dans un rôle bien trop étroit, qui vient à trouver son indépendance. Comment Nora, une femme au foyer aimante danoise, est rattrapée par l’escroquerie qu’elle avait monté il y a plusieurs années. La carrière de son mari atteint son point culminant tandis que Nora est acculée par un maître chanteur. La pièce de théâtre passe en un éclair. La fin est magistrale.
  • Contes d’hiver, Karen Blixen.  ❤ ❤ ❤ Le port d’Anvers, des amies ruinées jouant aux grandes héritières … L’écriture fluide de Karen Blixen nous emmène sous différentes latitudes. Une lecture divertissante, dont j’avoue n’avoir pas retenu grand-chose alors qu’une Ferme en Afrique m’avait bien plu.

Quelles sont les lectures qui vous ont le plus marqué en 2019 ? Des essais, des romans haletants ?

Adele Eastmacott

3 réflexions sur « Lectures, 2019, coups de coeur et découvertes »

  1. Quelle belle liste de lectures ! Cela me rappelle que j’ai « Comme des images » dans ma PàL depuis des années, il faudra que je pense à le lire.
    Il faudra que je lise les Connie Willis à l’occasion (je ne l’ai pas relu depuis Blackout, alors que j’ai adoré !) et j’approuve pour la trilogie de Pierre Pevel, elle est chouette !

  2. Merci pour cet article, y a plein de recommandations intéressantes. J’ai beaucoup entendu parler de Naomi Alderman, il faut vraiment que j’essaie de la lire un de ces quatre. (Aussi je suis en train de relire sans parler du chien parce que pareil c’est un des de mes bouquins préférés et je ricane toute seule dans mon salon)

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