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Visite de la Champignonnière de Laigneville (60), dernière de l’Oise

Mon cher et tendre qui a le nez creux a fait une suggestion de visite. Lors des journées du patrimoine, nous avons pris la route non pas pour Paris mais pour le nord de l’Ile-de-France. En tête, l’excitation de visiter un endroit que nous connaissions mal et un intérêt culinaire. Le champignon de Paris mérite-t-il encore son nom ?

champignon Laigneville Oisechampignon Laigneville Oise

A la champignonnière de Laigneville, dans l’Oise, la réponse est nettement plus positive que pour les champignons que je vois en faisant mes courses. S’y déroule une production en cave, selon les méthodes anciennes quoi que remises au goût du jour. Pour mon grand plus bonheur et celui d’autres amateurs de champignons, c’est un circuit vertueux. La culture pratiquée à Laigneville est peu gourmande en eau et la coopérative emploi plus d’une centaine de personnes. Un impact écologique et social qui me fait plaisir s’agissant d’un de mes péchés mignons.

Comment poussent les champignons ?

Le champignon est une moisissure qui a besoin d’un certain milieu pour se développer. Suffisamment mais pas trop d’eau et une température aux alentours de 16°. La lumière lui est indifférente. Ce n’est pas un végétal qui fait sa photosynthèse. La culture de champignons de Laigneville est installée dans une ancienne carrière.

champignon Laigneville Oise

Quel meilleur endroit que la région parisienne pour se développer ? Peut-être bien l’Oise, dont la proximité avec Chantilly facilite l’approvisionnement en matière première : le crottin de cheval. L’exploitant le travaille avec son purin, et recouvert avec de la terre de gobetage (à base de tourbe notamment). C’est ainsi que ce mélange devient le milieu idéal pour la culture du champignon. Plutôt que de planter manuellement des spores, des grains de seigle couverts de mycélium de champignon sont semés. A l’inverse, la culture en serres est très gourmande en eau car les champignons sont maintenus dans un milieu très aqueux. En sort un produit dont le pied ne craque pas quand on l’ôte, et qui est parfois fade.

Il faut compter un peu plus d’un mois entre le moment où la terre arrive et celui où le champignon est propre à la dégustation. Les champignons apparaissent par volées. Ici, l’exploitant a pris le soin de s’organiser pour étaler la cueillette des différentes volées sur toute la semaine plutôt que d’avoir un jour de rush.

champignon Laigneville Oise

Une visite à faire

C’est un réel plaisir d’écouter un professionnel passionné par son métier. J’ai appris beaucoup de choses sur la culture des champignons et je me sens « armée » si je veux faire des recherches sur le sujet. La visite m’a aussi fait l’effet d’une piqûre de rappel. Il est complexe de trouver des produits alimentaires en circuit court à un prix décent, mais l’impact social est énorme. Je peux entendre que les cotisations sociales et le passage aux trente-cinq heures aient été complexes pour un secteur qui demande beaucoup de main d’oeuvre. J’ai eu l’impression d’être dans les coulisses d’une champignonnière, et c’était très intéressant.

Et pour le reste ? Si je compte trois euros le kilo de champignons de Paris, blanc ou rosés (bruns), pour un champignon qui ne réduit que très peu une fois cuit et qui est nettement plus goûteux que ses congénères, ils ont clairement un goût de reviens-y. Les champignons de Laigneville peuvent être trouvés dans les grandes surfaces environnantes et sur des marchés.

 

Une recette glanée sur place

  • un lit de salade
  • une bonne huile d’olive
  • du sel
  • du parmesan
  • des champignons juste coupés en morceaux, pas trop fins

 

Vous aussi, vous comptez les champignons dans vos pêchés mignons ?

Adele Eastmacott

6 réflexions sur « Visite de la Champignonnière de Laigneville (60), dernière de l’Oise »

    1. Ca ne se visite pas tout le temps comme l’exploitation est en activité, mais c’est génial d’avoir une visite par un passionné.

  1. Cette visite avait l’air intéressante et c’était plutôt original comme cadre pour les journées du patrimoine !
    A titre personnel, je n’apprécie pas assez les champignons pour en acheter pour ma consommation personnelle (je n’en mange que de façon accidentelle, quand je déjeune à l’extérieure et que c’est bien cuisiné) mais j’approuve complètement le fait de faire attention à leur qualité, d’autant plus que ce sont des plantes qui ont tendance à capter et stocker (un peu comme les légumes racines).

    1. Les plantes absorbent vraiment beaucoup de ce que j’en entends. Je ne sais pas comment on peut se renseigner sur la provenance exacte de ce qu’on mange et les résidus éventuels, je sais juste que dans les cueillettes sauvages il faut se méfier des « bons coins » près de la route. Pour les champignons, pour les fruits des bois et j’en passe. Il faudrait par exemple vraiment s’enfoncer en forêt.

  2. Sympathique idée de visite, je retiens ! J’aime beaucoup les champignons mais mon cher et tendre à moi n’est pas vraiment un fan. Peut être que ceux-la ui feront changer d’avis

    1. Ils avaient un goût très différent aussi bien crus que cuits. J’oublie parfois qu’il y a une telle différence dans les produits qu’on achète !

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