Décline toute responsabilité en cas de procrastination

Méthode Konmari, le test

Tout le monde a entendu parler de Marie Kondo (même ma belle-mère), cette charmante japonaise qui nous explique sa méthode respectueuse des objets dont nous restons tous abasourdis au premier abord (même ma belle-mère).

Je romance peut-être un peu, mais la Méthode Konmari expliquée dans la Magie du Rangement (un oxymore aussi beau que l’obscure clarté qui tombe des étoiles) s’est vendue à beaucoup d’exemplaires. Des articles de blog ont fleuri là-dessus par dizaines. Si vous deviez n’en lire qu’un hormis celui-ci puisque ça va sans dire, je vous conseille celui de To You From LenaTo You From Lena.

la magie du rangement marie kondo minimalisme

N’empêche que la méthode Konmari a eu un effet non négligeable sur ma vie.

J’ai très longtemps été désorganisée.  Je prenais donc un vaillant plaisir à laisser du désordre dans ma chambre car je ne supportais pas d’être associée à une image féminine de douceur et d’ordre. A peu près l’image véhiculée par Marie Kondo qui ne s’en cache pas.

Lorsque j’ai commencé à pressentir que le rangement n’était peut-être pas une mauvaise chose en soi parce que mon petit-ami était très porté sur l’ordre et le minimalisme, j’ai connu un retour de karma. Toutes les affaires laissées chez mes parents en attendant le Déluge m’ont été ramenées car nous vendions la maison.

Si on m’avait déjà expliqué que pour Marie Kondo, c’est une chance que vos parents vendent leur maison, je ne suis pas sûre que j’aurais bien pris la portée de cette maxime.

J’ai trié ce qui était facile à trier. Les vêtements (le fameux tri depuis trois ans, souvenez-vous). L’électroménager que nous avions en double. Tout ce dont je savais que ça m’encombrerait plus qu’autre chose. Et je suis partie dans ma nouvelle région avec la trouille et bien trop de bazar.

Nos parents nous apprennent à ranger, mais Marie Kondo a raison de faire remarquer que personne ne leur apprend non plus comment le faire. J’avais emporté avec moi des monceaux de livres et de fringues dont je n’étais pas certaine de l’utilité.

J’ai lu et j’ai trié, trié, trié. Aliiine, pour qu’elle revieeenne.

minimalisme

Le déclic

J’étais mûre à point pour ça, j’en avais envie.

Ca m’a fait un bien fou. Je vous montre les photos très peu instagrammables de tous les livres dont nous nous sommes séparés et dont j’étais à l’origine pour 70% d’entre eux. Tous ces kilos que j’ai déménagé en sachant que je faisais une erreur.

J’aurais pu prendre autant de photos des vêtements dont je me suis séparée.

Pourquoi les histoires racontées par Marie Kondo m’ont-elles autant touchée ? J’ai mis du temps à ressentir la préoccupation du désordre. J’ai mis quelques semaines avant de bloquer une après-midi entière pour ce grand tri salvateur, et ces semaines m’ont été nécessaires pour m’approprier la méthode.

  1. Pour me rappeler que j’avais effectivement trop de choses.
  2. Que très peu des vêtements, par exemple, dont je m’étais séparée m’avait manquée et que c’est bien pour ça que je n’en étais pas triste.
  3. Qu’on peut toujours retrouver le même objet ou un équivalent convenable.
  4. Que j’en avais assez de me sentir retenue en arrière par tout ce que j’avais, d’avoir la peur de déménager un jour car je ne pourrai jamais porter tout ça moi-même.

Marie Kondo développe une idée déculpabilisante : les objets que nous avons acquis nous servent forcément. Même les vêtements que nous ne portons finalement pas. Ils nous apprennent quelque chose sur notre façon de consommer et surtout sur nous-mêmes.

Ces livres pas relus m’ont aidé à affiner mes goûts littéraires et tomber de plus en plus sur des titres qui me plaisent.  J’ai aiguisé mon esprit critique sur eux lorsqu’ils étaient mauvais. Sur le moment, ils m’ont procuré une évasion.

Ces vêtements très peu portés m’ont aidé à identifier mon style, à savoir que j’aime les couleurs mais que j’ai bien du mal à en mettre au quotidien, et qu’il en va autant pour les robes.

Faut-il suivre tous ses conseils ?

Non, notamment parce qu’ils sont mal adaptés à la vie en France.

Jeter tous ses papiers administratifs ? Jamais ! C’est peut-être lointain mais pensez à vos cotisations sociales pour votre retraite. En attendant que tout ait été dématérialisé, il vaut mieux prendre le temps de faire le tri.

Je n’ai pas non plus tout fait la même journée, même si j’ai suivi la recommandation de réunir tous les objets d’un même type pour les trier. En a résulté une énorme pile de livres au beau milieu du salon. J’étais bien contente de les donner à une association caritative. J’adhère à l’idée selon laquelle donner les objets à ses proches va finalement les encombrer, mais je ne suis pas d’accord avec le fait de tout jeter alors qu’on peut faire beaucoup avec de la récupération en France. Quitte à se tromper.

En bilan

En me rendant capable de juger ce que je voulais, Marie Kondo m’a ôté un poids.

Je me suis fait mon petit avis. J’ai testé et adapté la méthode proposée en enlevant tout ce qui me gênait, ce qui collait à une image dans laquelle je ne me reconnaissais pas et tout ce, de manière générale, me paraissait dénué de sens au regard de mon quotidien.

Tout ce que j’ai gardé m’a été grandement utile. J’ai pu réfléchir à mon rapport aux objets. Il faut reconnaître à Marie Kondo qu’elle propose une vision des choses très différente de ce à quoi nous avons pu être habitués avant la mode du minimalisme. Un rapport plus personnel et personnifié aux objets, au point de presque former des relations avec ceux-ci … avec les clés en main pour se rebeller et se détacher d’une relation toxique.

Je me laisse quelques mois avant de me lancer dans une troisième lecture de l’ouvrage. J’y trouve un manuel pour améliorer ma vie mais aussi beaucoup de bienveillance.


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