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Pourquoi j’aime tant Elena Ferrante

Pourquoi j’aime tant Elena Ferrante

En lisant Elena ferrante, j’ai eu la sensation de réellement comprendre l’auteure. Je ne me plongeais pas simplement dans la vie du personnage, j’entrais dedans et j’y trouvais une résonance.
J’ai beaucoup de divergences avec Lenu, la narratrice. Une famille aimante, pas de meilleure amie dont je serais l’ombre ou en tout cas plus maintenant, un milieu social petit bourgeois, non pas une excellence scolaire mais une tête assez bien faite pour avoir de bonnes notes …

Je me permets de vous dévoiler un élément secondaire mais pas si secondaire de l’intrigue : Lenuccia et Lila cherchent à s’émanciper. Non pas seulement de leurs familles mais de la fatalité d’être nées dans un milieu pauvre.
Des projets enfantins de richesse aux tentatives calculatrices en tant qu’adultes, elles voudront écrire un livre ou faire un bon mariage, une triste réalité rappelée par Michel Bozon.
Leur quartier et tout ce qu’il représente de pauvreté, de violence et d’insécurité, elles le rejettent violemment.
Je me suis souvenue que moi aussi, j’avais désespérément eu envie de partir. Que faire mes études là où j’ai grandi me semblait l’assurance que je ne serai plus capable de partir après.


Contrairement à nous, notre vieux quartier était resté le même. Les petits immeubles gris, la cour de nos jeux, le boulevard, les bouches sombres du tunnel et la violence : tout cela résistait. […] Petite, j’avais imaginé qu’en dehors de notre quartier Naples offrait toutes sortes de merveilles.


Pourquoi cette urgence ? Je suppose que me sentir isolée ne me donnait pas envie de rester et que j’avais  besoin de prouver quelque chose, une prétendue réussite qui ne pouvait passer que par le terrain scolaire. Sauf que précisément, elle ne passait pas par là, je n’avais pas le courage de galérer encore et toujours pour être première de la classe ou major de promo. Ça me semblait injuste de n’avoir que cette alternative et de prouver ma valeur sur les autres.

L’identité de bonne élève noyée dans la masse des autres bons élèves ou de petite fille timide ne me plaisait pas mais je ne voyais pas d’autre alternative. Jusqu’à prendre la décision la plus radicale que je pouvais : partir en espérant faire table rase. Je ne suis pas partie bien loin moi non plus puisque je suis restée dans le même pays et n’ai mis que quelques centaines de kilomètres de distance.

Rien d’étonnant finalement à ce que je sois si touchée par Elena Ferrante …

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