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Pourquoi faire le NaNoWriMo ?

Pourquoi faire le NaNoWriMo ?

November 1-30 • The world needs your novel.

Voilà le sous-titre du site du National Novel Writing Month, le NaNoWriMo pour les intimes. Le principe est simple, il s’agit d’écrire 50 000 mots durant le mois de novembre. Soit environ 170 pages. Soit beaucoup d’heures devant sa feuille, qu’elle soit virtuelle ou non. Qu’est-ce qu’un évènement, une contrainte sur quelque chose qui pourrait être aussi débridé que l’écriture peut nous apporter ?

stickers nanowrimo

Une réponse matérialiste à cette question est “des stickers si vous allez à un meeting pour écrire (un write-in)”

Quand l’écriture devient une activité sociale

Plus un défi contre soi-même qu’un concours d’écriture, l’évènement semble avoir toujours plus de succès. Ciel d’Orage a fait un bon article là-dessus, expliquant tant les sources et le vocabulaire du NaNoWriMo que pourquoi participer à cet évènement. Je vais y rajouter ma petite pierre. Etant ML de la région Rhône-Alpes (liaison municipale pour ceux qui n’auraient pas ouvert le précédent lien), je suis plus que convaincue par le concept.

Pourquoi parler de défi plus que de concours ? Le NaNoWriMo ne met à notre disposition que du temps investi et de l’huile de coude, pas de goodies gratuits pour les plus méritants. C’est une bonne chose aussi : tout le monde profite des cadeaux virtuels (les fameux pep talks sur lesquels on reviendra) et il existe une vraie émulation. C’est la partie que j’adore dans ce mois de novembre dédié à l’écriture.

Le NaNo comme on l’appelle en France m’a permis de rencontrer de supers amis, de créer des liens avec des gens qui me sont chers aujourd’hui. On ne tombe pas en coup de foudre amical devant chacun des participants qu’on rencontre à un évènement ou avec qui on échange sur le forum, mais le NaNo offre la possibilité de côtoyer des gens qui ont suivi d’autres études, ont d’autres âges, habitent d’autres endroits que nous. Des gens qu’on n’aurait pas connu autrement alors qu’ils partagent un même amour de l’écriture.

Après le mois de novembre, les contacts se font parfois plus ténus. Sur la région lyonnaise, nous en sommes venus à former un groupe d’amis qui se retrouve régulièrement pour écrire ou fêter l’anniversaire d’un de ses membres. Quand viennent le temps des relectures de ce qu’on a écrit, il est assez fréquent de trouver une âme charitable qui voudra bien relire notre texte. Ou de découvrir avant tout le monde un super récit !

Y dédier son mois de novembre ?

En bonne personne qui fait ses plans en deux parties, je vais avancer deux raisons au fait de faire le NaNoWriMo : Cesser de sacraliser le moment & venir à bout du perfectionnisme

J’ai des amis adorables, et ces amis adorables m’ont offert un cahier de bien-être (des activités en veux-tu en voilà) estampillé 2016. Mais sans dates à l’intérieur du livre puisqu’il fonctionne par semaines. J’en ai tiré deux constats : j’ai des amis attentionnés & je n’ai plus envie d’attendre.

C’est le cas dans beaucoup de processus créatifs dont l’écriture. Il n’y a presque jamais de bon moment pour se lancer. Pas pour un mois si le week-end prochain on doit partir visiter sa famille. Pas avant tel évènement musical où on risque de se coucher tard. De toute façon, ma série favorite va reprendre et j’aimerais savoir comment tourne tel cliffhanger. Je suis trop fatigué, j’attendrai bien un peu. Faut que le projet mûrisse. Et j’en passe.

Je l’ai fait aussi, j’avais sans cesse une bonne excuse pour ne pas commencer tel ou tel projet. C’est en le faisant à contretemps et “pour moi” que j’ai pu me motiver à tenir à bout certains d’entre eux. Me lancer dans quelque chose pour quoi je n’étais pas prête pour commencer en début de mois ou à une date symbolique, c’était aussi mettre un coup de pied dans ma motivation. Attendre une date fatidique me retardait souvent alors que j’avais un premier élan créatif qui ne demandait qu’à s’exprimer.

C’est très bien d’être perfectionniste. Ca permet de mener un projet à bien, d’en être fier, de s’améliorer … Mais parfois c’est aussi un frein. Ce que vous écrirez ne sera jamais parfait. A quelques rares exceptions, les grands romans sont le fruit d’un long travail. L’ami Jules Verne se levait aux aurores pour travailler ses textes. Flaubert avait son petit gueuloir, la pièce où il disait haut et fort ses textes pour voir si les mots tombaient bien. Proust a rendu un manuscrit plein d’annotations et de petits papiers ajoutés à son éditeur, car le texte lui semblait perfectible. Parfois il faut un petit début, et un petit début vaut toujours mieux que rien du tout, non ? De manière plus contemporaine, Macklemore l’a aussi dit dans sa chanson “Ten Thousand Hours”, quand il explique que The greats weren’t great because at birth they could paint, The greats were great cause they paint a lot”. Donc, que les grands (peintres) n’étaient pas grands parce qu’ils sont nés capables de peintre mais parce qu’ils ont peint.

Sartre et son ouvrage " l'existensialisme est un humanisme" approuvent.

Sartre et son ouvrage ” l’existensialisme est un humanisme” approuvent.

On se prépare ?

Le NaNoWriMo ressemble à certains examens où on n’a rien à réviser, parce que le sujet sera tellement général sur quelque chose qu’on connaît depuis des années, qu’il n’y a pas de programme. C’est un peu la même chose ici. Vous ne pouvez pas commencer à écrire votre récit (sauf si vous êtes un petit rebelle), mais vous pouvez vous mettre dans de bonnes conditions pour ça.

Des participants suggèrent de prendre votre emploi du temps et de sélectionner 50 heures pour les dédier à l’écriture. Selon votre vitesse d’écriture, ce sera trop ou pas assez, mais c’est un bon début. Pour un mois et seulement un mois, soit 30 petits jours, comment pouvez-vous ménager du temps pour une nouvelle activité ?

Deux “écoles” se retrouvent lors de ce défi. Les gens qui planifient tout (j’aimerais en être car ça m’aide de ne pas être en “roue libre”), les gens qui ne planifient rien du tout et se lancent dans l’aventure. Ma Co-ML de la région Rhône-Alpes pourrait vous parler de son expérience avec un pitch trouvé au dernier moment en demandant aux gens autour d’elle ! (;

Vous pouvez commencer à vous renseigner sur la méthode des flocons de neige, faire des fiches de personnage, des recherches sur le contexte de votre histoire (ou votre thèse. Votre mémoire. Vos annales de physique pour une maison d’édition).

Et bien sûr, vous pouvez venir sur le forum ! Le site est anglophone pour le moment, mais il n’est pas si difficile de naviguer dessus. Vous y trouverez la société d’adoption (où on propose des histoires, des personnages …), des ressources d’écriture en tout genre, de quoi discuter de fanfiction, horreur, tout ce que vous voulez selon votre genre d’écriture et le formidable reference desk où on peut demander aux autres participants comment s’échapper d’une prison, des infos sur les années 1800 ou sur les hippogriffes afin de ne plus bloquer dans l’écriture de votre histoire !

On se retrouve sur le forum ?


  1. Christouille

    15 October

    Merci pour cet article qui a été vraiment plaisant à lire. J’adore comment tu décris l’ambiance effervescente & chaleureuse du NanoWrimo, ça donne encore plus envie que le 01/11 arrive ! Ce que tu dis sur l’excès de perfectionnisme est tellement véridique !

    Merci également pour tous ces liens, je n’avais pas remarqué ces sections sur le site.

    Peut-être à bientôt là-bas 😉 En attendant, bonne inspiration !

  2. Chauncey

    16 October

    Coucou !

    Merci pour cet article qui donne envie très fort de participer, j’ai également beaucoup apprécié l’article de Ciel d’Orage 🙂

    Et contente que le cahier d’activités spécial bien-être te plaise !

  3. […] pas tellement même si j’aime beaucoup entendre les retours sur expérience des gens comme Adèle ou Ciel […]

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