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Villes magiques, Dieux, passé, chats ailés : Le Caire / Paris

Avec amour dans ce billet : des livres fantastiques. Placés dans des univers qui appartiennent au genre fantastique car la magie occupe une place intéressante dans l’histoire. Avec un joli sens de l’humour. Dont les personnages m’ont émue (différemment). Des villes fantastiques et fantasmagoriques que j’aimerais bien visiter. Tous deux ont le rythme d’un bon Agatha Christie, sans qu’il soit question de trouver l’assassin. Ca vous tente ?

Les rapprochements littéraires

J’inaugure quelque chose qui me tentait depuis un moment, sans parvenir à lui donner cette forme plus présentable. Il me vient souvent des rapprochements en lisant un livre. Tiens, l’auteur exploite ce thème. Ce roman me rappelle un autre. On se prête aussi à l’exercice chez Histoire naturelle des bibliophiles.

Les deux séries de romans que je rapproche aujourd’hui ont beaucoup en commun :

  • Elles se passent dans une chronologie qui n’est pas tout à fait la nôtre : la Belle époque, ou les années 30
  • Elles se déroulent dans un monde qui n’est pas tout à fait le nôtre : un Paris fantastique et fantasmé, un Caire peuplé de Dieux et d’autres esprits. Les deux sont dopés de magie.
  • Leurs héros sont des simili flagorneurs au cœur plus mou qu’ils ne l’avouent
  • Les personnages féminins principaux, Isabel de Saint Gil et Fazimel sont très attachantes et bien campées
  • Dans ces villes qui ressemblent à celles que nous connaissons, une belle place est laissée à la géographie, au développement des lieux et m’a, personnellement, fait voyager.

Lasser, Sylvie Miller et Philippe Ward

 

lasser miller ward

 

Mon premier se déroule dans une Egypte uchronique des années 1930. A ceci près que le les Dieux s’y sont toujours mêlés aux humains. La cohabitation est parfois laborieuse, mais surtout pleine de dangers pour les humains que les Dieux peuvent tuer sans états d’âme. Le terme s’applique dans les deux sens :

  • les Dieux ont des pouvoirs mystiques leur permettant de vaporiser les humains qui les ennuient (gloups). Le genre de magie qui fait des dégâts.
  • l’incroyable longévité que l’on imagine et qui les éloigne d’autant plus des humains.

L’histoire se centre sur Le Caire, où vit le détective privé Jean-Philippe Lasser, gaulois taciturne mais bourru. Comme pour tout bon détective, sa carrière est loin d’être flamboyante. Chaque tome se centre sur une énigme qu’il doit résoudre pour le compte des Dieux, lesquels lui promettent de belles récompenses et le menacent des pires tourments. Il est aidé par la réceptionniste de l’hôtel dans lequel il a établi domicile / traîne ses guêtres, la malicieuse Fazimel.

Le Paris des merveilles, Pierre Pevel

Mon second se déroule dans le Paris uchronique de la Belle Epoque. Ce Paris des forts de Halles a lié son sort à celui de l’Outre-Monde dont viennent fées, licornes, dragons et autres magiciens. Les Champs Elysées sont arborés d’arbres d’une luminosité surnaturelle. Des chats ailés se promènent dans la ville sans que l’auteur ait précisé l’impact qu’ils ont sur la population en pigeons. Ca irradie de magie, c’est Paris sans le métro mais avec des sorciers.

On y côtoie la pègre magique, et l’on y suit la vie d’un magicien, Louis Denisard Hyppolite Griffont ainsi que de la très intriguante Isabelle de Saint Gil. Cette dernière est mon personnage préféré. L’auteur peut utiliser tout son sens de l’humour avec elle, c’est une femme très loin du cliché de la femme fatale mystérieuse et froide. Isabelle a de l’esprit, du cœur, elle ne vit pas qu’au travers de la relation tumultueuse qu’elle entretien avec Griffont. Son utilisation de la magie ne ressemble pas à celle de Griffont et ses acolytes. Les seconds rôles, Lucien Labricole notamment, sont très attachants. L’accent gouailleur, le côté titi-parisien du gnome Lucien immergent complètement dans la narration. J’ai beaucoup aimé les aventures de Lasser mais ma préférence va au Paris des Merveilles !

ward miller lasser paris des merveilles pevel

Comparaison n’est pas raison

A l’instar de Jean-Philippe Lasser, Griffont est un anti-héros somme tout assez classique. Ils en deviennent des héros auxquels on s’attend. Lasser est le type même du détective de roman noir, un peu pouilleux, mal rasé et porté sur le whisky. Griffont est un magicien dandy qui semble très attaché à sa zone de confort.

Ce sont au final des personnages principaux qui ne sont pas les meilleurs personnages de leur roman. Harry Potter ne leur jetterait pas la pierre.

Les univers dans lesquels ils évoluent sont bouillonnants d’imagination. Cette transposition de la société dans une Egypte entre l’antique et les années 1930. L’arrivée d’êtres magiques dans le Paris de la Belle Epoque. Un humour toujours présent. Ces éléments m’ont transportée durant mes lecture. J’ai adoré la plume de ces trois auteurs et j’ai reconnu que ces romans étaient des pages turner une fois entrée dedans. J’en redemande.

Adele Eastmacott

Un commentaire sur “Villes magiques, Dieux, passé, chats ailés : Le Caire / Paris

  1. J’ai l’impression d’être passée à côté du Paris des merveilles de Pierre Pevel… J’ai essayé et non, ça n’a pas accroché. Peut être que c’était pas la bonne période pour moi ? En tout cas j’ai beaucoup aimé ton article et merci pour la mention ! 😉

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